Pour garder le contact

Comme si je ne rencontrais pas assez de difficultés de communication, voilà qu’une coupure d’électricité au milieu de l’avant-dernière nuit a été suivie d’une surtension qui a eu raison de mon iPad. Je vais donc devoir désormais faire sans…

J’ai bien exploré la Gora kosovare en passant de village en village par de superbes routes qui serpentent à flanc de montagne. Bien entendu, je parle du paysage car ce n’est pas toujours le cas du macadam !… Et tant s’en faut. C’est même parfois de la piste.

Je n’ai pas choisi la facilité, mais je ne m’en plains pas… même si ça me fait regretter mon précédent Duster qui était un 4×4.

C’est clair qu’une fois regagnées mes pénates, il me faudra faire vérifier la direction, l’embrayage, les freins, les amortisseurs et je ne sais quoi encore !…

Car je n’ai jamais autant tournicoté, et dans de si difficiles conditions. J’ai l’impression d’effectuer en fait un véritable rallye !…

A la sortie des virages, je me demande toujours comment on va réussir à se croiser, mais ça le fait !…

Quoi qu’il en soit, l’effort est toujours récompensé. Chaque fois que je suis arrivé dans un village, je n’ai même pas eu besoin de m’arrêter pour éprouver la chaleur de l’accueil. Et quand je me suis arrêté, les passants se sont toujours spontanément mis à la recherche d’un francophone qui m’a chaque fois fait le plaisir de m’offrir un verre au troquet du coin.

C’est le village de Restelica qui m’a le plus intéressé parce qu’il m’est apparu nettement le plus « conservateur ». Ça se constate très concrètement par l’absence totale de femmes dans l’espace public (rues, places, cafés, commerces…). On m’a expliqué que, dans ce village, les femmes ne sortent des espaces privés que pour les fêtes, à l’occasion desquelles on les voit danser joyeusement sur les places et dans les rues. Ces rues sont pleines à craquer jusqu’à la seconde quinzaine du mois d’août du fait de la présence de la diaspora, mais à présent tout est redevenu paisible comme avant l’été.

A mon retour, j’illustrerai tout cela puisque je ne suis malheureusement pas en capacité de le faire avant.

J’ai ainsi pu converser avec un gorani qui avait obtenu le statut de réfugié en Suisse où il est resté travailler plusieurs années avant de revenir au pays vivre sa retraite ou encore avec un autre qui habite Provins.

Mais ils sont nombreux à vivre en Serbie, en Italie, en France, en Suède… et en réalité à peu près partout.

J’ai également eu la chance de converser notamment avec les deux fils d’un couple de goranis définitivement installés en France depuis une quarantaine d’années. Eux sont nés en France, mais sont très attachés à leurs racines qui « ne sont » pourtant qu’ancestrales. Ils ont fait construire ici chacun leur maison et reviennent tous les étés avec femmes et enfants. Ils venaient de repartir pour l’école et le travail quand ils ont appris le décès de leur grand-mère qui vit aussi en France mais qui avait tenu à finir ses jours au pays. Ils sont donc revenus immédiatement en voiture avec femmes et enfants pour la cérémonie.

Intermède : c’est l’appel du Muezzin.

Le lendemain, j’ai dû renoncer à me rendre dans la plupart des villages de la Gora albanaise parce que les pistes sont très difficiles et je n’ai pas voulu beaucoup insister après avoir dangereusement patiné dans la boue. D’autant qu’il n’y a, me semble-t’il, jamais personne à passer par là pour faire la causette !…

Je précise toutefois que, depuis mon départ, je n’ai pas vu un seul nuage et qu’il fait chaud…  plutôt trop chaud. Je me demande bien d’où peut venir cette eau, si ce n’est de torrents qui dévalent depuis tout là-haut.

Du côté albanais, j’ai bien apprécié mon passage à Shishtavec, du fait qu’à l’inverse de ce que j’ai vu à Restelica j’y ai vu dans la rue des femmes se déplacer groupées en papotant allègrement comme il se doit de bon matin.

Je sais que vous me pardonnerez ce trop peu dire et surtout de vous laisser sans la moindre photo.

Je sais que vous savez que je me rattraperai dès que possible.


Mes précédentes contributions à ce sujet :

https://etreounepasetrebretillien.com/2026/08/23/quand-faut-y-aller-2/

https://etreounepasetrebretillien.com/2026/08/31/de-sarajevo/

https://etreounepasetrebretillien.com/2026/09/04/on-avance-on-avance-2/

https://etreounepasetrebretillien.com/2026/09/05/me-voici-donc-au-kosovo/

https://etreounepasetrebretillien.com/2026/09/06/en-gora-du-nord/

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