En Gora du nord

Ce matin, j’étais à pied d’œuvre pour enfin découvrir la Gora.

La Gora est une région historique 13 fois moins étendue que le département d’Ille-et-vilaine, qui est située à cheval entre le Kosovo (18 villages, sans compter la ville chef-lieu qui est Dragas), l’Albanie (9 villages), sans compter 2 petits villages en Macédoine.

Normalement, on ne devrait pas s’y perdre.

Mais c’est pourtant très compliqué : d’abord de repérer un itinéraire et ensuite de l’emprunter car nous sommes dans la montagne et la conduite est particulièrement difficile sur des mini routes qui ne sont pas en très bon état sur les bords, quand ce ne sont pas des pistes assez chaotiques.

Aujourd’hui, je m’étais fixé pour objectif d’arpenter les 7 villages les plus au nord… et le hasard a fait qu’avant ça, je suis tombé sur le centre de santé de Dragash que, du coup, j’ai demandé à visiter. J’ai été chaleureusement accueilli, mais pour me rappeler que c’était dimanche et qu’il faudrait que je revienne dans la semaine pour voir le directeur. Je retournerai donc demain matin.

Sur la route, je me suis arrêté auprès d’une fontaine à côté de laquelle était attablé tout un groupe en train de se restaurer. On m’a « naturellement » proposé un café et servi des gâteaux avant que je comprenne la raison de leur présence. Ils m’ont expliqué que la municipalité autorisait les habitants à couper des arbres dans la forêt pour se munir de bois de chauffage en prévision de l’hiver. Je vous laisse imaginer la pente que dévalent les billes avant d’être rangées sur le bord de la route en prévision de l’enlèvement.

Arrivé à Radesh, un vieux monsieur qui me voyait simplement passer a mandaté un gamin pour me conduire au troquet du coin où m’a été servi une consommation à ses frais en compagnie d’un natif francophone installé en Suisse et venu passer l’été au village comme ils le font tous.

Je pense que les membres de la diaspora sont 10 fois plus nombreux que les résidents à demeure. Mais la diaspora est très attachée à ses racines et jusqu’à la mi-août on ne cesse de célébrer ici des mariages entre jeunes Goranis pourtant expatriés depuis leur plus jeune âge.

Ensuite, c’est à Leshtan qu’à la mosquée j’ai été abordé par un francophone qui habite depuis 32 ans en France et m’a lui aussi conduit au troquet du coin pour m’offrir un verre.

Mais attention : ici on ne boit évidemment pas d’alcool.

J’ai souri en cachette quand on a échangé nos prénoms et qu’il m’a dit qu’il s’appelait Œdipe. Mais ça m’a intrigué et j’ai regardé de plus près, ça doit plutôt être Edip !… 😂

On a vite fait de se tromper. 😉

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Mes précédentes contributions à ce sujet :

Quand faut y aller

De Sarajevo

On avance, on avance…

Me voici donc au Kosovo

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