Alors, parti ou pas parti ?…
Le 3 avril dernier, il y a donc très bientôt 6 mois, Amélie Dhalluin (Les Républicains), Charles Compagnon (Horizons) et Carole Gandon (Renaissance), tous trois élus sur la liste « Vivre Rennes » lors des dernières élections municipales, annonçaient leur intention de créer « dans les prochains jours » un parti politique local portant le même nom (pourtant déposé par Charles Compagnon à titre purement personnel auprès de l’institut National de la Propriété Industrielle).
Ils ajoutaient que, « sans surprise », Charles Compagnon en assurerait la présidence.
Dans son édition du 4 avril 2026, le quotidien Ouest-France apportait une précision qui n’était pas tout-à-fait anodine :
« Les militants et sympathisants de la liste Vivre Rennes se verront proposer d’adhérer au parti pour l’aider à se financer mais les onze élus mettront eux aussi la main à la poche. »
Six mois plus tard, ce vendredi 25 septembre 2026, Le Télégramme annonçait que « Charles Compagnon et Carole Gandon ont créé un nouveau parti politique local qui prendra le nom de leur liste aux dernières élections municipales : Vivre Rennes. »
Et Ouest-France, le lendemain, enfonçait à son tour le clou en écrivant que : « Renvoyé à l’étiquette du candidat macroniste », Charles Compagnon « rappelle le lancement de son parti Vivre Rennes, uniquement dédié à la politique locale ».
De quoi laisser quelque peu perplexe.
Car il devient assez difficile de s’y retrouver dans l’emploi du passé, du présent… et du futur.
Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il aura fallu attendre 3 mois après l’annonce du 3 avril pour voir apparaître une première structure juridique portant le nom de « Vivre Rennes ».
L’association été créée le 7 juillet 2026 et déclarée en Préfecture, avec une publication au JO des associations du 14 juillet.
Mais il ne suffit évidemment pas de se proclamer parti politique dans ses statuts pour bénéficier, de ce seul fait, du régime juridique applicable aux partis et groupements politiques.
Encore faut-il notamment que l’association désigne un mandataire financier et qu’elle le déclare à la Préfecture (comme non seulement – dans le cas d’espèce – ses statuts le prévoient, mais surtout) comme le prévoit la loi qui s’impose aux partis politiques.
C’est une condition juridiquement nécessaire pour que la CNCCFP (la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques) puisse vérifier la régularité de ses opérations financières, en recettes comme en dépenses, et par voie de conséquence pour qu’elle puisse en permettre le fonctionnement.
Et ce point n’est pas du tout secondaire dans le cas de « Vivre Rennes ».
Au risque d’être redondant, je redis ici que Ouest-France avait fidèlement rapporté le 4 avril dernier que les « militants et sympathisants » seraient invités à cotiser au nouveau parti et que les onze élus « mettraient eux aussi la main à la poche ».
Si ça s’est bien passé comme ça, on peut réellement se poser la question de savoir où est passé l’argent.
Car – à ce jour – la Préfecture d’Ille-et-Vilaine indique qu’aucune déclaration de mandataire financier n’a été effectuée par l’association « Vivre Rennes » auprès de ses services.
C’est ballot.


