Richard Ferrand m’a tuer (lui aussi)
Comme vous le savez, Mustapha Laabid vient de publier ses précieuses mémoires aux éditions Maïa. 😉
Au fil de son récit, on comprend bien son attachement à un certain Richard Ferrand.
Pour ne pas abuser du droit de citation d’extraits d’une œuvre protégée par le droit d’auteur, je m’en tiens à partager ci-dessous quelques passages de « Macron m’a tuer » qui sont consacrés à l’actuel Président de notre Conseil constitutionnel :
« Ancien socialiste recyclé, premier député PS à rallier Emmanuel Macron, il incarnait à la perfection la mue de l’Ancien Monde. Même brutalité dans les rapports humains, mêmes réflexes d’appareil, même certitude d’être l’axe autour duquel tout gravite. Il évoluait dans un univers où l’arrogance faisait office d’argument, où les alliances se nouaient loin des regards, et où les affaires judiciaires n’étaient qu’un bruit de fond, une gêne périphérique destinée à être balayée. »
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« Il portait sur lui cette morgue des ralliés de la première heure qui se croient propriétaires du destin des autres. Sa force ne résidait pas dans son charisme — il n’en avait guère — mais dans sa capacité à administrer la médiocrité.
Il ne criait jamais. Il n’en avait nul besoin. Sa violence était celle des silences lourds, des regards qui vous déshabillent de votre légitimité. C’était un management par la micro-humiliation. »
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« C’est sous les dorures, entre un repas cinq étoiles et des flots de vin dont il était l’amateur assidu, que son vrai visage apparaissait. Dans ces fins de soirées où le vin coulait trop vite, je voyais l’homme derrière le rideau : un gestionnaire d’âmes à la petite semaine, ricanant de sa propre impunité. J’ai vu l’homme céder aux vapeurs d’un penchant que chacun connaissait, laissant l’ivresse transformer le gardien du temple en un monarque de buvette. »
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« Ferrand était le visage de cette duplicité de cour : le baise-main et la déférence absolue tournés vers l’Élysée, et le talon de fer pour ceux d’en bas. C’était l’arrogance de ceux qui se croient investis d’un droit divin parce qu’ils s’assoient à la droite du Président, capables de brandir l’éthique comme un couperet alors qu’ils traînent eux-mêmes les casseroles de leurs affaires comme un boulet invisible mais bruyant. »
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« Regardez Richard Ferrand. L’homme qui murmure à l’oreille du Roi. Il a traversé la tempête des Mutuelles de Bretagne, traînant une mise en examen comme une décoration. Le système n’a pas seulement fait bloc, il l’a porté aux nues : bombardé Président du groupe LREM, puis propulsé au Perchoir comme Président de l’Assemblée nationale. Et quand, finalement, le peuple souverain l’a dégagé aux législatives, quand il a perdu comme une merde face au verdict des urnes, la Macronie ne l’a pas laissé tomber. Au contraire. Pour le prix de sa loyauté de garde du corps, on lui a offert le Graal : la Présidence du Conseil constitutionnel en mars 2025. »
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« Je sais qu’en écrivant ces lignes, je ne suis pas objectif. Mon dégoût pour l’homme est tel qu’il sature l’encre de ce récit. Je ne crains pas ses avocats, je crains simplement ma propre allergie au cynisme. »
