Une question ouverte
Suite à la publication le 5 juin 2022 d’un article du journal Le Monde intitulé « A l’Assemblée nationale, la questure au service des ambitions de Florian Bachelier », ce dernier avait déposé le 2 septembre 2022 une « plainte avec constitution de partie civile pour diffamation publique envers un serviteur de l’Etat et les actes subséquents ».
Le 27 juin 2025, les prétentions de Florian Bachelier ont été rejetées par la 17ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris, pour cause de nullité de la procédure.
Par un communiqué du même jour, Florian Bachelier annonçait son intention d’interjeter appel en précisant que « l’intégralité du dossier – pièces attestations, constats, échanges – sera mis en ligne dans les prochains jours ».
En réalité, ce n’est qu’en ce mois d’avril 2026 – soit plus de 9 mois plus tard – qu’une toute petite partie du dossier vient d’être rendue publique :
- l’acte d’appel, qui ne nous apprend rien d’autre que le fait qu’il est daté du 2 juillet 2025
- les conclusions déposées par Florian Bachelier à l’audience du 15 mai, qui précisément n’ont pas été retenues dans le jugement du 27 juin 2025
Autrement dit, les pièces publiées ne permettent ni de comprendre la décision rendue, ni d’apprécier la solidité de l’appel engagé.
Contrairement à ce qui était initialement annoncé, le reste du dossier n’est finalement pas accessible en ligne, mais simplement « tenu à disposition » afin que « chacun puisse se faire une opinion informée ».
C’est bien dommage qu’il manque en particulier :
- le jugement du 27 juin 2025, puisque c’est justement l’objet de l’appel
- le mémoire consécutif à cet appel, puisque c’est lui qui est censé contenir les arguments de droit
A ce stade, Florian Bachelier affiche donc une posture qui n’est publiquement justifiée par rien d’autre que par le fait que le juge a eu tort puisque c’est lui qui a raison !… 😇 😇 😇
Reste une question : pourquoi publier – partiellement – ces éléments plus de neuf mois après les avoir annoncés comme imminents ?
Deux hypothèses peuvent être avancées.
La première tient au calendrier judiciaire, avec l’approche de l’audience d’appel.
La seconde s’inscrit dans un contexte plus large : la tribune publiée le 31 mars dernier dans le journal Le Monde, appelant la France à transposer avant le 7 mai 2026 la directive européenne visant à lutter contre les procédures-bâillons, ces actions judiciaires susceptibles d’entraver le débat public.
Ce texte rappelle notamment que les États membres doivent permettre aux juridictions saisies de procédures judiciaires abusives altérant le débat public d’infliger des sanctions « effectives, proportionnées et dissuasives ».
Dès lors, une interrogation s’impose : cette publication tardive et partielle relève-t’elle d’une simple coïncidence de calendrier ou d’une tentative d’anticipation des évolutions juridiques à venir dont pourrait souffrir Florian Bachelier ?

La lenteur que vous relevez , on en a entendue parler ce matin au JT.
Il est regrettable d’opposer les cinq années qu’il a fallu à la France pour reconstruire Notre-Dame au temps nécessaire pour mener à bien certains projets publics. La comparaison est trompeuse.
Les paroles du président, aux élus ce matin est une honte.
Il est trop facile d’accuser les opposants ou les requérants de retarder les projets. Dans bien des cas, les retards naissent d’abord des manquements des porteurs de projet et des autorités elles-mêmes : concertation insuffisante, participation du public réduite à la façade, absence de réponse aux recours gracieux, dossiers incomplets ou peu sincères.
Dès lors, le recours n’est pas un abus : il est l’exercice normal d’un droit. Et lorsque la justice administrative manque tellement de moyens qu’un référé urgent dure des mois et qu’un jugement au fond arrive après deux ans, ce n’est plus seulement une lenteur ; c’est une atteinte concrète au droit des citoyens de demander des comptes aux décideurs publics.
Bonjour,
Il me semble que nous sommes là très loin du sujet.
En particulier : en l’espèce, il ne s’agit pas de justice administrative mais de justice pénale.
Oui bien sûr , mais c’était ce jour même, et dans tous les cas un problème de délai et de coût de la justice en France. Cordialement