Autre temps, autre moeurs ?

Le 9 juillet 2021 : Franck Pichot, conseiller départemental du canton de Redon, juge « scandaleux » l’accord passé entre Jean-Luc Chenut, Président du Département, et le groupe écologiste qui met fin aux projets de contournements routiers à Vitré, Fougères et Châteaubourg.

Conséquence : Franck Pichot renonce de lui-même à sa vice-Présidence aux mobilités et aux délégations associées, en même temps qu’il déclare : « Je sais que ça me coûtera beaucoup. Je fais un renoncement mais je reste fidèle à mes valeurs ».

Sur le plan financier, si les règles sont bien appliquées, ça doit en effet lui coûter 788 euros brut/mois, soit au total environ 65.000 € sur la durée restante du mandat.

Au mois de juin 2022 : Christophe Martins, conseiller départemental du canton de Montfort-sur-Meu, vice-Président (chargé des finances, du patrimoine départemental, de la commande publique et des dossiers ferroviaires), membre non négligeable de la majorité départementale – campé sous l’étiquette « Territoires unis et solidaires » – se présente aux élections législatives : contre la candidate socialiste sortante Claudia Rouaux… sous l’étendard de majorité présidentielle.

Il a été battu sans appel, mais cela ne l’empêche pas d’essayer de se maintenir dans ses fonctions départementales.

Conséquence : puisqu’il ne renonce pas de lui-même à sa fonction de vice-Président du Conseil départemental, le Président lui retire ses délégations par arrêté en date du 8 juillet 2022 (ce qui lui coûte 788 euros brut/mois, et doit lui coûter environ 55.000 € sur la durée restante du mandat, si on en reste là)

Pour bien comprendre, il faut savoir que le Président n’a pas le pouvoir de priver Christophe Martins de la fonction et donc du titre de vice-Président par voie d’arrêté, puisqu’il a été élu par l’assemblée toute entière : il faut donc un vote.

Et quand on sait que sur 54 conseillers, il n’y a plus que 18 élus dans le « groupe de gauche, socialiste et citoyen » (y compris Michèle Motel-Alcaraz qui en avait été exclue dans la mandature précédente), le Président est bien obligé de tenir compte de la position des autres groupes qui se feraient un plaisir de lui compliquer encore un peu plus la vie.

Reste à savoir comment les choses vont à présent tourner : au prix de quel accord, et possiblement de quel compromis ?…

C’est assurément une affaire à suivre de très près dans toutes ses dimensions.

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