Une écriture à géométrie variable

C’est en 2013 que le Conseil général/départemental a décidé de baptiser contre leur gré les habitants du département d’Ille-et-Vilaine.

Mais ce n’est qu’en 2020 qu’il a publié son « Guide de la communication pour toutes & tous » qui oblige ses agents à utiliser l’écriture dite inclusive quand ils s’adressent aux Brétillopodes.

Voici une illustration du résultat, issue de son Bilan d’activité 2020 imprimé en septembre 2021 :

Je laisse ici chacun apprécier comme il l’entend l’utilité de l’adjectif « départementaux.ales ».

Mais je ne peux pas laisser passer le fait que le Conseil départemental n’est pas capable d’appliquer lui-même les règles qu’il entend fixer.

Je prends pour exemple la pseudo syntaxe « conseillers.ères », qui n’est pas conforme à la règle référencée n° 2, pourtant réputée d’usage obligatoire dans les documents administratifs ainsi que dans les documents de communication (voir page 13).

J’aimerais également que l’on m’explique les fondements de l’utilisation dans le même membre de phrase de 2 simples points sur les 2 premières lignes avant de recourir à un joli point médian, dit « point d’altérité », à mi-hauteur du lettrage sur la dernière ligne.

Il est vrai que le titre du « Guide de la communication pour toutes & tous » enfreint lui-même effrontément cette même règle référencée n° 2, qui prévoit notamment qu’en cas d’énumération des deux genres, il convient de les faire apparaître dans l’ordre alphabétique.

Doit-on mettre cela au compte du principe de libre administration des collectivités locales ?…

5 commentaires

  • Michel Deshayes

    Une catastrophe cette écriture inclusive : outre le fait que c’est une horreur visuelle, j’ai souvent constaté qu’elle n’est pas maîtrisée par les personnes qui prétendent l’appliquer. Par exemple ici, je comprends pour ma part que bretillien est au singulier alors que bretilliennes est au pluriel. Il manque un point avant le s.
    Si jamais j’ai tort, merci de me conseiller un bon manuel d’ usage de l’écriture inclusive.

    • Voici ce qu’énonce la règle n° 2 du « Guide de la communication pour toutes & tous » que le Département d’Ille-et-Vilaine IMPOSE à ses agents :

      Lorsque le point est utilisé, il n’apparaîtra qu’une fois, même en cas de pluriel : habitant.es et non habitant.e.s   (page 8)

      C’est exactement le contraire de ce que stipule le guide pratique « Pour une communication publique sans stéréotype de sexe » publié à la Documentation française en 2016 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. (page 27)

  • lafreminette

    Et pendant ce temps (que de temps perdu pour des causes perdues). Alors que déjà la plupart des jeunes n’accèdent plus à la lecture, c’est la compréhension qui s’éloigne. En se concentrant sur cette « écriture illisible » on perd le sens des mots et des phrases. Après la langue de bois, ces élus se ridiculisent d’écriture de paille. Mais ça doit sûrement profiter à quelques bureaux conseils en communication en manque de chantiers juteux.

  • Erwan B

    Les mal-voyants et les dyslexiques ne sont pas du tout concernés. Donc vous pouvez continuer avec l’écriture inclusive !
    https://informations.handicap.fr/a-ecriture-inclusive-accessible-10358.php

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