Motus : un instant nostalgie

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J’ai été récemment contacté sur ce blog par un ex « motusien », alors que je venais de l’être également par un autre via messenger et qu’il y a peu temps j’ai croisé par hasard la route d’un troisième en faisant des courses.

Il n’en a pas fallu davantage pour que resurgissent de vieux souvenirs.

Je rembobine.

Après avoir épuisé les plaisirs du vidéotex au tout début des années 80, puis goûté pendant une dizaine d’années à ceux des « Bulletin Board Services » éparpillés tout autour de la terre auxquels on accédait avec un modem que l’on trouverait bien poussif aujourd’hui, j’ai décidé de monter le mien en 1994. Et pas n’importe lequel : un serveur Firsclass sous MacOS qui allait jusqu’à procurer aux utilisateurs sous MS-DOS l’illusion d’une interface graphique que le grand public ne connaîtra que l’année suivante avec l’arrivée de Windows 95.

Pour des raisons que personne ne connaitra jamais, je l’avais appelé Motus. Il fonctionnait chez moi sur un vieux macintosh, tantôt sur mon bureau, tantôt dans mon garage… Ce n’était pour moi qu’un loisir qui occupait tous mes loisirs.

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J’avais quelques certitudes :

  • que l’avenir de l’informatique passerait par les télécommunications
  • que les communautés virtuelles gagneraient à n’être pas que virtuelles
  • qu’il fallait absolument un contre-pouvoir à celui des administrateurs de serveurs

Grâce énormément à Anthony Tardivel pour la partie technique et conceptuelle, à Jérôme Enel-Réhel pour la partie communication, à Isabelle Sayag pour la vraie vie (!), nous avons créé et animé – rien que pour le plaisir – un service accessible via 4 lignes téléphoniques groupées qui ressemblait à ça :

C’était donc il y a quasiment 25 ans.

Il y avait un « chat » que l’on appelait le salon, des forums et des newsgroups, du téléchargement de modestes fichiers…

C’était avant l’arrivée à Rennes du premier fournisseur d’accès à internet, c’était même avant l’irruption du web. Nous avions mis au point une « passerelle UUCP » avec le reste du monde et ça nous faisait « kiffer »  (vous pouvez prononcer kiffer comme vous voulez, mais n’oubliez pas de prononcer youyoussipi pour « unix to unix control protociole »).

Les utilisateurs, majoritairement rennais, ont alors pu avoir – gratuitement – accès au « mail » qui n’était pratiquement disponible à cette époque que dans les laboratoires de recherche des facultés.

J’avais cru bon de susciter la création d’une association de défense des utilisateurs, mais ces canaillous n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de m’élire président !…

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Au bout d’un an et demi, nous comptions 850 utilisateurs, dont 260 très actifs et 120 avaient adhéré à l’association.

 

C’est avec des motusiens qu’à l’époque je me suis progressivement aventuré : à la montagne, puis en Grèce, puis en Turquie, puis en Pologne, puis en Moldavie…

Que de talents il y avait dans cette « communauté virtuelle qui n’est pas que virtuelle », comme nous nous plaisions à le dire !…

Qui se souvient d’Anthony  Tardivel (le plus secret d’entre tous), de Maxime Prat, d’Isabelle Sayag, de Christian Jartel, de Jean-François Percevault, de Maxime Glaizot, de Jérôme Enel-Réhel, de Tanguy Jéhannin, de Nicolas Payart, de Cécile et d’Aurélie Lepaigneul, de Gwen Héliou, de Gall Le Garrec, de Nazou Oke, de Jérôme Guillouët, de Jean-Philippe Guihard, de Gilles Beaume, de Bernard Pivette, d’Anna Mercier, de Laurent Dupuis, de Samuel Lagrange, d’Olivier Ortis… par exemple, car je ne saurai être exhaustif ?…

Je n’ai pas de photos d’époque, et je n’ai dégotté que quelques portraits sur la toile (que ceux qui manquent me pardonnent, en particulier Anthony Tardivel et Jérôme Guillouët par exemple), mais j’ai pris plaisir à les réunir ici :

Notre doyenne, qui habitait Guidel, avait 70 ans et elle utilisait Motus pour communiquer avec ses enfants et petits-enfants. Elle était très tonique, et je l’espère toujours en bonne santé.

Les plus jeunes ont aujourd’hui 40 ans.

J’en vois qui se sont épanouis dans leurs passions de l’époque ou bien dans de nouvelles, j’en vois qui ont surmonté de réels handicaps dus à leurs origines géographique ou sociale, j’en vois qui ont un beau, voire un très beau, parcours professionnel !…   😉

Qui prendra l’initiative d’une prochaine « visu » ?… (on peut toujours rêver)

Un commentaire

  • Que de bon souvenir en voyant la pages d’accueil de motus e tout ces nom…

    Je me rappel aussi de ma première visu… accompagné par mes parents qui se demandait bien dans quel secte j’étais tombé 😉

    Une visu… ca serait avec plaisir, mais il va falloir faire vite 🙂

    max(l’autre)

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