Une magistrale intox

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L’association Euskal Moneta, qui gère la monnaie locale du Pays basque, a diffusé jeudi soir – dans les secondes qui ont suivi l’adoption d’une délibération au Conseil municipal de la ville de Bayonne – un communiqué que les médias ont immédiatement propagé à qui mieux mieux, selon lequel – enfin, et à l’issue d’un dur et long combat – la ville de Bayonne deviendrait la première ville de l’hexagone à pouvoir payer ses dépenses en monnaie locale.

Quelle victoire pour l’Eusko et, du coup, quelle victoire pour toutes les monnaies locales qui en rêvaient depuis longtemps !…

Mais surtout : quel toupet !…

Car autant dire que, dans le genre « fake news », on ne peut guère beaucoup mieux faire.

La vérité est précisément que la ville de Bayonne a dû se rendre à la raison… puisqu’au terme de cette affaire, elle devra finalement continuer à payer ses dépenses exclusivement en Euros.

A charge pour l’association Euskal Moneta, qui se présente comme un intermédiaire en services de paiement, de les convertir en Euskos pour ses adhérents qui le souhaitent.

Il n’y a aucune différence avec le fait que, quand on domicilie par exemple son traitement dans une banque, on peut par exemple sortir de cette banque des yens ou des dollars… Ce n’est évidemment pas pour cela que notre employeur peut prétendre nous avoir payé en yens ou en dollars.

Décidément, les monnaies locales ne semblent prospérer que sur l’intox et il faut reconnaître que ce qui marche auprès des médias marche assez bien aussi auprès des citoyens, des prestataires et même des institutions les plus crédules.

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Un commentaire

  • Coline Renault, qui se présente comme journaliste au Figaro, a publié son premier article avant-hier sur le site web du quotidien et vient d’en publier un second ce midi à propos de l’eusko : « Bayonne : un accord trouvé sur la monnaie basque »

    A cette occasion, je l’invite amicalement à ne pas se contenter de relayer les propos de ses correspondants sans exercer le moindre esprit critique.

    Je lui suggère déjà 2 corrections :

    1 – « La disposition est conforme à un accord entre le préfet des Pyrénées-Atlantiques et le maire de Bayonne, qui s’engagent respectivement à retirer le pourvoi en cassation formé par la ville et le déféré déposé par le préfet »

    A supposer que le « déféré » ne soit qu’une malheureuse faute de frappe, ce n’est pas le « référé » (déjà jugé) que le Préfet a décidé de retirer, mais le recours au fond.

    2 – « La ville de Bayonne a finalement obtenu gain de cause auprès du Conseil d’État en cassation, le 18 mai dernier »

    Ce n’est pas la ville de Bayonne qui a obtenu gain de cause le 18 mai dernier, mais au contraire le Préfet des Pyrénées-Atlantiques… et ce n’est pas près de la Cour de cassation, mais près de la Cour administrative d’appel de Pau.

    On pardonne à Coline Renault pour cette fois, mais qu’on ne l’y reprenne plus jamais… 😉

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