ATTAC en règle

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C’est également mon avis : les monnaies locales ne sont rien d’autre que de très mauvaises réponses à de véritables questions.

Je vous engage bien vivement à lire la publication d’Alain Beitone et Nicolas Danglade, issue du dernier numéro de la revue du conseil scientifique de l’association ATTAC, sous l’intitulé :

« Les monnaies locales entre repli communautaire et libéralisme économique »
(cliquer ci-dessus pour télécharger ce document au format pdf)

De très bonnes remarques et d’excellentes références.

En voici le sommaire (si ça vous paraît trop long, cliquer directement sur la conclusion !…) :

Pour mémoire : le conseil scientifique ATTAC est un collectif de militants issus du monde académique et de la recherche, ainsi que du mouvement social (associatif et syndical), qui soumet ses contributions au conseil d’administration de l’association.

Pour aller plus loin : télécharger ma contribution à l’évaluation du galléco (fichier pdf – 12 Mo – 245 pages)

 

 

5 commentaires

  • Michel Deshayes

    Il y a en début d’am une émission sur Europe 1 qui s’appelle circuits courts, consacrée à l’économie sociale et solidaire. Il y a quelques semaines, le thème était les monnaies locales. On a eu droit à un plaidoyer sans véritable contradicteur. Le journaliste qui animait les échanges n’a pas réagi, suite à une question sur l’impact économique, à la réponse de la responsable d’une monnaie locale francilienne indiquant qu’un café restaurant de Bagnolet avait augmenté son chiffre d’affaires. N’ayant que ce seul exemple à citer, elle avait spontanément précisé que ce n’était pas ça qui était important de toutes façons.

  • Un petit extrait de cet article :

    « Les monnaies locales et autres monnaies alternatives sont à la mode …/… Les périodes de crises …/… sont propices aux utopies monétaires. Mais ces utopies, alors même qu’elles visent des objectifs critiques et émancipateurs, véhiculent parfois (souvent ?) des confusions qui peuvent se révéler dangereuses. Ce confusionnisme est amplifié par les usages qui sont faits des réseaux de communication internet, dont la propension à véhiculer des informations erronées favorise la « démocratie des crédules ». Du côté des monnaies convertibles, on remarque que ce type de monnaie ne peut exister que parce que la fonction de mesure des valeurs est assurée par la monnaie officielle. Si on paye 0,95 sol-violette la baguette de pain c’est parce qu’elle vaut 0,95 euros. Ici, la loi de la valeur s’applique. Ce type de monnaie complémentaire ne se conçoit pas de manière indépendante à la monnaie officielle. En ce sens, une monnaie locale n’est pas vraiment une monnaie, elle n’existe que comme îlot communautaire dans un univers régi par une vraie monnaie.

    Des monnaies locales, pour quoi faire ?

    • Dans le cas le plus favorable, les monnaies locales peuvent favoriser le développement local et contribuer, comme toute activité associative, au développement du lien social. Mais elles ne sont pas à la hauteur des enjeux qu’elles posent : assurer une maîtrise citoyenne de la finance et contribuer à la transition écologique
    • Dans une lecture moins optimiste, les monnaies locales sont un gadget pour bobo, sans emprise véritable dans les catégories populaires et sans remise en cause de la puissance de la finance
    • Dans l’interprétation la plus pessimiste, les monnaies locales sont prises en tenaille entre une logique communautarienne de retour à la terre et aux solidarités de voisinage, et une logique libertarienne de régulation par le marché des monnaies privées concurrentes. Dans ce cas-là, quelles que soient les intentions généreuses de leurs promoteurs et des militants qui s’y investissent, les monnaies locales, par une ruse de l’histoire, pourraient bien jouer contre la démocratie et l’émancipation sociale.

    Il y a pourtant autour des questions monétaires et financières de vrais enjeux qui appellent des mobilisations. Sans être exhaustif citons :

    • Restaurer une démocratie authentique (et pas simplement formelle) dans les banques coopératives et mutualistes qui s’inscrivent clairement aujourd’hui dans une logique capitaliste et qui ont oublié (sinon à des fins publicitaires) les objectifs sociaux et démocratiques de leurs fondateurs
    • Renforcer le contrôle démocratique sur les banques privées par une législation contraignante permettant de lutter contre les paradis fiscaux et contre les logiques spéculatives
    • Imposer la présence de représentants des organisations syndicales, associatives, écologiques dans les organes de contrôle et de gestion des banques
    • Instaurer un contrôle démocratique sur la Banque centrale européenne pour mettre la politique monétaire au service de l’emploi, de la satisfaction des besoins sociaux (logement notamment), de la transition énergétique, c’est-à-dire de la prospérité
    • Mettre la création monétaire au service de l’emploi et du développement d’entreprises d’insertion, d’exploitations agricoles non productivistes, etc
    • Instaurer une taxation des revenus financiers et des transactions financières
    • Lutter contre les paradis fiscaux
    • Lutter contre les inégalités de revenus, notamment par une taxation beaucoup plus forte des très hauts revenus (très présents dans le secteur financier)
    • mettre fin au système de « retraite chapeau » et autres « parachutes dorés »

    On le voit les thèmes de mobilisations permettant de s’attaquer (aux niveaux local et global) aux vrais enjeux qui portent sur l’utilisation de la monnaie et du système bancaire ne manquent pas. Engager ces mobilisations permettrait alors d’apporter des réponses aux vraies questions posées par les promoteurs des monnaies locales. »

  • Pour être complet, voici un extrait de l’éditorial de la revue « Les possibles » qui a publié cet article :

    La revue Les Possibles, dans son numéro 10 (Été 2016), avait publié un « Panorama, enjeux et perspectives des monnaies associatives » réalisé par Marie Fare. Le débat se poursuit avec un article critique d’Alain Beitone et Nicolas Danglade, pour qui les monnaies locales ne peuvent être considérées comme des monnaies à part entière. « Mais ces utopies, disent les auteurs, alors même, qu’elles visent des objectifs critiques et émancipateurs, véhiculent parfois (souvent ?) des confusions qui peuvent se révéler dangereuses. »

    Et voici l’éditorial in extenso : http://etreounepasetrebretillien.com/wp-content/uploads/2017/10/lespossibles_1039-1-4.pdf

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