Florian Bachelier fait sa mauvaise tête

Le Canard enchaîné du 29 septembre 2021 nous informe que : « L’Assemblée Nationale – qui détermine elle-même son budget, au nom de la séparation des pouvoirs – s’est aussi octroyé une jolie rallonge de 6,7 %, plus de quatre fois l’inflation. »

« Quelles charges nouvelles justifient ce bonus ? Le premier questeur de l’Assemblée n’a pas souhaité répondre aux questions du Canard ».

Par contre, ledit premier questeur – l’incontournable Florian Bachelier, que l’on voit ici encore une fois contourné, le pauvre – a bien voulu confirmer au Télégramme qu’il s’était abstenu lors du vote du budget par le bureau de l’Assemblée (contrairement aux 2 autres questeurs).

« Furax » il est allé jusqu’à « boycotter un déjeuner au Sénat concluant traditionnellement la commission des crédits validant le dit budget ». Na…

« Et pour cause, depuis son arrivée à la tête de la questure en 2017, l’élu breton ne se lasse pas de mettre en avant les économies réalisées par l’institution » sous son implacable conduite (je rigole).

Et le voilà qui « insiste pour rappeler que, durant ces quatre dernières années, l’Assemblée nationale a économisé 80 M€. », alors qu’il n’y a pourtant rien de plus faux.

J’ai déjà démonté ici l’imposture, dont la recette est très simple :

  1. Inscrire en prévision des charges très nettement plus importantes qu’elles risquent de l’être en vérité au vu notamment des réalisations antérieures
  2. Prévoir sur le papier de les financer par un déficit prévisionnel qui ne mange pas de pain puisqu’il ne sera jamais constaté
  3. Dépenser dans l’année au total à peu près la même chose que l’année précédente (ou plus, ou moins… c’est, pour ce raisonnement, sans aucune espèce d’importance)
  4. Prétendre que la différence entre la prévision et la réalisation constitue une « économie »
  5. Pousser la farce jusqu’à additionner ces 4 soi-disant économies annuelles qui n’en sont absolument pas… et se vanter du total arithmétiquement obtenu.

J’ajoute qu’il y a lieu de bien distinguer 2 sujets qu’il ne me parait pas clairement distinguer :

  • Le montant des dépenses de l’Assemblée Nationale
  • Le montant de la dotation de l’Etat, qui participe (très largement) à leur couverture

Concernant le montant des dépenses, il faut bien prendre en considération dans le budget de 2022 les dépenses supplémentaires de fin de législature (qui se sont élevées en 2017, par exemple, à près de 30 millions d’euros), intégrant les indemnités de licenciement des collaborateurs qui sont d’autant plus importantes que l’Assemblée est fortement renouvelée.

Concernant le montant de la dotation de l’Etat, le projet de la porter de 517.890.000 à 552.490.000 millions d’euros, soit une augmentation d’environ 35 millions d’euros – alors qu’il reste encore de l’ordre de 300 millions d’euros dans le bas de laine de l’Assemblée – peut en effet très largement prêter à discussion.

Scoop : sur ce dernier point, nous pourrions être d’accord puisque l’on devrait éviter d’alourdir inutilement nos impôts.

 

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