Le revers de la médaille

En « reconnaissance de la Nation envers celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour améliorer celui des autres », le député LREM de la 1ère circonscription d’Ille-et-Vilaine Mustapha Laabid s’est déclaré « heureux d’avoir remis une médaille de l’Assemblée Nationale à des bénévoles de l’association Rennes.Uni pour les remercier pour leur engagement au service des plus vulnérables ».

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Je n’ai aucune raison de douter ni de l’utilité de l’association « Uni Rennes », qui est une association d’aides aux sans-abris déclarée à la Préfecture le mois dernier (c’est donc très récent), ni de la particulière générosité de ses membres.

Mais j’observe que les héros du jour sont au cœur d’une véritable supercherie.

Il faut en effet savoir que la dernière proposition de loi visant à instituer une médaille du bénévolat a été rejetée le 6 décembre 2012.

Ce n’est donc absolument pas « en reconnaissance de la Nation » mais à titre purement personnel que Mustapha Laabid a remis à ses interlocuteurs une « médaille de l’Assemblée Nationale » qui n’en est pas une, puisque ce n’est en vérité qu’un aimable présent : une simple breloque que n’importe qui peut se procurer à la boutique de l’Assemblée Nationale en autant d’exemplaires qu’il le souhaite, au tarif de 2 euros TTC dans sa version grand public, pour l’offrir à qui lui plait.

La pratique est connue et je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’un député du Nord – grand acheteur de ces médailles – confiait à L’Express en 2013 avec un brin de cynisme : « On la remet lors d’une cérémonie. Cela permet à la personne distinguée d’obtenir un encart dans la presse locale ».

Et, accessoirement, au député aussi… sachant que ça peut-être en outre l’occasion, comme ici, d’étrenner un costume tout neuf puisqu’il y a des frais de mandat qui sont prévus pour ça.    😉

J’ajoute que, si finalement on n’a pas les honneurs de la presse, on peut toujours au moins twitter la photo sur son compte…  😉

Ça ne peut pas faire de mal à l’image d’un député en attente du résultat de son pourvoi en Cassation, à la suite de sa condamnation en appel à 8 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et une inéligibilité de 3 ans pour abus de confiance, du fait d’un détournement de fonds de plus de 20.000 euros commis au préjudice d’une association d’aide aux plus démunis.

Pour aller plus loin : consulter l’ensemble de mes contributions sur le sujet

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