Un curieux assistant

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Elu député le 17 juin 2012, Richard Ferrand recrute Hervé Clabon comme collaborateur parlementaire le 3 septembre 2012.

Hervé Clabon est le compagnon de la Directrice générale des Mutuelles de Bretagne : son adjointe qui lui a succédé, tandis que lui-même en devient le chargé de mission.

Hervé Clabon a mis en vente son entreprise de taxis-ambulances à Chateaulin.

Militant socialiste de longue date, il a été particulièrement actif au cours de la campagne électorale en vue des législatives.

en pleine campagne, le 19 avril 2012

inauguration du local de campagne le 29 mai 2012

En septembre 2012, Richard Ferrand constitue son équipe locale et inaugure sa permanence.

Ouest-France du 29-09-2012 : L’assistant parlementaire du député s’appelle Yann Le Boulanger, 37 ans, originaire de Poullaouen. Soizic Kerbrat s’occupe des actes administratifs, et Hervé Clabon, qui a mis en vente son affaire de taxis, sera à la disposition du député.

Extrait du site du député : Le petit hall d’attente s’ouvre sur une vaste salle de réunion, où l’assistante administrative du député, Soizic Kerbrat, a défait ses cartons. Une collaboratrice secondée par Hervé Clabon, lequel est plus particulièrement chargé du relationnel.

inauguration de la permanence parlementaire en septembre 2012

l’équipe de collaborateurs au grand complet, le 30 octobre 2012

Accusé de ne pas avoir déclaré à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique Hervé Clabon en qualité de collaborateur parlementaire, comme il aurait dû le faire le 24 janvier 2014, Richard Ferrand s’en défend.

Ouest-France du 30-05-2017 : Concernant Hervé Clabon, Richard Ferrand rappelle que ce dernier a été son « collaborateur jusqu’au 10 janvier 2014 »« Or, la déclaration d’intérêt à la HATVP date du 25 janvier 2014, date à laquelle Monsieur Clabon ne travaillait donc plus avec moi et c’est la raison pour laquelle il ne figure pas sur la déclaration », poursuit-il. « Il a quitté son poste en raison de graves problèmes de santé, c’est précisément pour cela que j’ai recruté mon fils en remplacement pendant 4 mois pour un salaire de 1 266,16 € net par mois ».

Problème : Richard Ferrand n’a pas davantage déclaré son fils, qui était donc pourtant en fonction le 25 janvier et va le rester jusqu’au 16 mai 2014.

Son cabinet ministériel – dirigé par celui qui était précédemment l’un de ses collaborateurs parlementaires, Amaury Dumay qui sort de Sciences Po Rennes – apporte en mai 2017 d’intéressantes précisions : «Richard Ferrand avait plein de boulot à faire à sa permanence, des choses qu’il n’avait pas eu le temps de faire, comme développer sa lettre de député. Il a demandé à son fils de l’aider à une période où ce dernier n’avait pas de travail», explique ainsi son cabinet. Et d’ajouter : «Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet ».

Richard Ferrand lui-même a indiqué que : « C’est un peu au débotté que j’avais besoin d’un coup de main. Mon fils était disponible, donc je lui ai demandé s’il pouvait pendant trois ou quatre mois venir travailler, j’insiste sur ce mot. Il a été rémunéré au smic. Ce qu’il a eu à faire était la rédaction de la lettre du député, tenir différentes choses sur mon blog que j’édite quasi quotidiennement ».

Problème : un emploi à plein temps pour tenir un blog pré-formaté sous WordPress et mettre en forme une petite lettre bimestrielle de 4 pages, ça reste quand même assez cool pour un BTS tout frais émoulu qui sait lire, écrire et aller sur internet…

La suite nous apprend qu’Hervé Clabon, apparemment remis de ses problèmes de santé, a repris du service au sein de la permanence parlementaire puisqu’on le voit par exemple ici recevoir une délégation de salariés du notariat le 9 avril 2015 :

Problème : tout en faisant remarquer qu’Hervé Clabon est redevenu un simple militant depuis le 10 janvier 2014, Richard Ferrand n’a jamais cessé de le considérer très officiellement comme l’un de ses collaborateurs parlementaires en titre et en fonction… comme en témoignent ses 22 lettres bimestrielles

Abus de confiance ou de pouvoir ? Usurpation de titre, de fonction ou de qualité ? Faux et usage de faux ? Tout simplement basse tromperie ?… Cette pratique se révèle très difficile à qualifier au regard du code pénal, car – au regard du droit – ce n’est pas exactement cela… mais il est clair qu’elle constitue certainement bien plus qu’un abus de langage.

C’est pour le moins une imposture.

Elle me paraît démontrer qu’en réalité, pendant plusieurs mois, c’est le militant qui a été rémunéré sur les crédits de l’Assemblée Nationale et que ce que je n’hésite pas à qualifier de quasi détournement de fonds n’a cessé, le 10 janvier 2014 – comme par hasard – qu’à la mise en place de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie Publique et l’intervention des décrets d’application du 23 décembre publiés le 27 décembre 2013.

Pour aller plus loin :

Un montage immobilier bien acrobatique http://wp.me/p6EXHi-4CS
Affaire Ferrand : pourquoi ça cafouille autant ? http://wp.me/p6EXHi-4D8
Edouard Philippe désigne un juge… de paix http://wp.me/p6EXHi-4Dj
Richard Ferrand à la manœuvre http://wp.me/p6EXHi-4Dv
Richard Ferrand est pacsé http://wp.me/p6EXHi-4DP
Richard Ferrand dans ses œuvres http://wp.me/p6EXHi-4DX
Le compte n’y est pas http://wp.me/p6EXHi-4E5
La mauvaise foi de Christophe Castaner http://wp.me/p6EXHi-4Ev
Aie confiance… http://wp.me/p6EXHi-4EI
De vieux compagnons de route http://wp.me/p6EXHi-4F1
Une SCI non sans intérêt http://wp.me/p6EXHi-4Fd
Un curieux assistant http://wp.me/p6EXHi-4FD
A propos des mandats de Richard Ferrand http://wp.me/p6EXHi-4Gq
Les hasards du calendrier http://wp.me/p6EXHi-4Gw
Richard Ferrand, 2 rue de Kerglas http://wp.me/p6EXHi-4Hh
Richard Ferrand a (t’il) été entendu ‘?) http://wp.me/p6EXHi-4Lb

 

 

 

 

 

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