Ça roule (mais parfois difficilement)

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On a dû se quitter du côté de l’aquaparc d’Ocna Sugatag, au nord-ouest de la Roumanie, où j’étais encore mercredi matin.

On ne va pas se mentir (!) : oui, le petit déjeuner était copieux, mais – à ma décharge – je n’ai pas fini les huit gâteaux   😉

Il fallait bien ça pour traverser dans la journée tout le nord de la Roumanie : du Maramures à la Bucovine en passant par le col de Prislop, sur une route actuellement très dégradée.

Compte tenu des nombreux lacets, de la circulation alternée sur des dizaines de kilomètres et de la quantité de nids de poule… vu d’hélicoptère, on doit sûrement constater qu’en croyant avancer on fait pratiquement du sur place.

L’avantage, c’est que ça laisse tout le temps de profiter du paysage, qui est magnifique… et que ça permet de faire la causette avec les roms qui vendent des champignons sur les bas côtés.

Passée la Moldova, la rivière qui a donné son nom à la principauté de Moldavie aujourd’hui fractionnée, l’habitat devient beaucoup plus coloré, les pastèques remplacent les champignons, et il arrive que l’on croise des bergers sympas qui, comment dire ?… « font la circulation ».

En soirée, je me suis offert une halte bien méritée à Suceava, qui fut pendant deux siècles la capitale de la principauté et qui est aujourd’hui au cœur du réseau des fameux monastères polychromes de Bucovine.

Le lendemain matin, le canard étant toujours vivant, j’étais à pied d’œuvre pour effectuer le grand saut… qui consiste à quitter d’un coup, et d’un seul, l’Union européenne et l’Espace Schengen. Ce n’est pas une mince affaire !…

J’appréhendais beaucoup ce passage de la frontière entre la Roumanie et la (république de) Moldavie avec tout mon barda, mais c’était bien à tort.

Au passage : je me demande si « mon roumain » n’y serait pas pour quelque chose… mais, quand j’explique que je viens en Moldavie pour un mariage (c’est un raccourci), on n’arrête pas de me féliciter !… Si ça continue, je vais devoir publier un démenti avant de récupérer ma femme à l’aéroport après demain soir !!!…     😉

En attendant, je rassure toutes les personnes qui ont bien voulu me confier des quantités de choses : elles ont franchi la frontière et elles vont bien pouvoir faire le bonheur de beaucoup de monde au cours des trois prochaines semaines.

Des monastères de Suceava en Roumanie au monastère de Saharna qui est situé au bord du Nistru (du Dniestr, si vous préférez) en Moldavie, il n’y a qu’un pas… mais ça suppose d’emprunter des transversales et ça change un peu des routes goudronnées. J’aime bien ces larges pistes gravillonnées, bordées de noyers très serrés, sur lesquelles on croise régulièrement de vieux camions bleus et blancs franchement soviétiques. Dans les villages, je retrouve les bataillons d’oies que j’avais laissées l’année dernière et c’est très rassurant. Entre les villages, ce sont souvent des champs de tournesol… et quand vient le moment de retourner la terre, on découvre très vite de grands espaces de tchernoziom, cette terre noire, grasse et fertile qui est une bénédiction du ciel.

Le ciel justement, j’y viens en m’approchant de ma première étape moldave : au monastère de Saharna, après 3.000 km de méditation…    😉

Ambiance touristico-monacale, car ce lieu moyennement bien vu par les autorités religieuses est extrêmement fréquenté, jour et nuit. Je m’en tiens ici à publier un petit bout de vidéo, prise au bord de « l’Aquaparc » ( !) qui est tapi derrière un rideau d’arbres.

Le principe, vous l’aurez compris, c’est de traverser un bassin (d’eau très froide), de se signer autant de fois que l’on le juge utile (attention : de droite à gauche), de s’immerger si possible sans boire la tasse, de prendre appui au fond de la « piscine » et de réussir en remontant à embrasser le pied de la croix (vous avez droit à plusieurs essais). Les femmes y procèdent en grande tenue (vous remarquerez que je n’ai pas dit en burkini) et tout ça se passe sous la surveillance d’un maître-nageur tout de noir vêtu (d’une sorte de burka, mais à visage découvert : c’est pratique, ça masque les formes… et on voit mieux la croix). Au fait : il est affiché qu’on n’a pas le droit de faire pipi… Vu la rotation, c’est certainement préférable.   😉

 

Ce serait certainement très bien d’alterner ça avec un bain chaud en cas d’algodystrophie : j’en sais quelque chose.  😉

Trop fatigué, j’ai dû renoncer au rituel d’exorcisme vers une heure du matin… mais vous en trouverez au bout de ce lien un petit compte-rendu.

Hier (oui, le canard était toujours vivant), j’ai commencé par aller honorer à Inesti, au beau milieu du pays, un très vieux monsieur qui s’appelle Mihai. J’ai pour habitude en effet d’aller lui offrir une bouteille de lambig chaque fois que je viens en Moldavie, c’est-à-dire presque tous les ans. A chacun ses rituels…

Ensuite, retour sur les bords du Dniestr pour avoir le plaisir de poser le pied – je devrais dire le pneu – sur la rive gauche, sans entrave, grâce à un bac public et gratuit qui relie Molovata à Molovata Noua : à ma connaissance, la seule enclave sous administration moldave.

Une demi-heure d’échange très sympa avec le jeune policier de faction, via un outil de traduction vocale instantanée (il y a de la 3G partout et la carte sim, valide un mois, avec 250 minutes de conversations locales et 5 Go de données numériques m’a coûté l’équivalent de 7 euros). Je pense que dans très peu de temps, ces techniques seront très au point et qu’à l’avenir cela va beaucoup enrichir nos déplacements.

Et pour finir, j’ai décidé de passer ce week-end à Vadul lui Voda, la station de loisirs préférée des habitants de Chisinau, juste pour en faire l’expérience. C’est en cours…   😉

Bon week-end à tous !…

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D’autres contributions à ce sujet :

Je suis entouré de gens formidables : http://wp.me/p6EXHi-4Qv
On the road again : http://wp.me/p6EXHi-4R6
En passant par le Maramures : http://wp.me/p6EXHi-4Rm
Une pause à Ocna Sugatag : http://wp.me/p6EXHi-4RL

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