Même pas peur d’un conflit d’intérêts

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La SADIV (société d’aménagement et de développement d’Ille-et-Vilaine) est une société d’économie mixte créée en 2003, dont le Département d’Ille-et-Vilaine détient la majorité des actions et la majorité des sièges au conseil d’administration.

Frédéric Bourcier, qui affiche la profession d’administrateur de sociétés, actuellement adjoint au Maire de Rennes chargé de la solidarité et de la cohésion sociale, subsidiairement vice-Président du CCAS, conseiller métropolitain, vice-Président du Conseil départemental en charge du sport, en est depuis 2011 le Président Directeur Général (source : SADIV Info n° 6 – juillet 2014).

Je vous rassure : il y a par ailleurs un Directeur Général.

Visiblement, depuis la prise de fonction de Frédéric Bourcier, les résultats ne sont pas allés en s’améliorant :

resultats_sadiv

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societe.com

Le résultat de 2015 n’a pas encore été publié… mais à l’évidence il n’est pas bien bon.

C’est pourquoi dans sa séance du 28 avril 2016, le Conseil départemental n’a pas mégoté son soutien à la SADIV. Je le cite :

« après en avoir délibéré, à la majorité des suffrages exprimés (30 voix pour, 21 voix contre, 2 abstentions – Mme MOTEL et M. MELLET –, 1 conseiller ne prenant pas part au vote – M. BONNIN –) », l’assemblée a notamment décidé de « la transformation de l’avance de 500 K€ consentie en 2013 en capital » et du « versement d’une nouvelle avance de 2,5 M€, pour soutenir la SEM le temps de l’élaboration de son nouveau projet stratégique, cette avance pouvant être convertie en capital dans un second temps une fois ce projet connu ».

Un conseil d’administration de la SADIV a été convoqué le 30 juin dernier pour se prononcer sur une augmentation de capital et permettre de procéder à la signature de la convention de versement de la nouvelle avance.

Courage : fuyons ?… On ne peut pas dire qu’il ait attiré la foule des grands jours.

La lettre de convocation à un nouveau conseil d’administration de la SADIV – qui s’est tenu hier après-midi 29 août 2016 dans la salle de réunion du Conseil départemental à la suite de la réunion de la commission permanente – est assez édifiante, puisqu’elle révèle qu’il a été décidé à postériori que, faute de quorum, « le conseil d’administration de la SADIV qui s’est tenu le 30 juin dernier s’avère nul et non avenu ».

convocation_SADIV

Que s’est-il exactement passé le 30 juin et que s’est-il exactement passé hier après-midi ?… Je n’en sais rien, mais il est sûr qu’un peu de rigueur ne peut pas faire de mal quand on n’est pas très sûr de soi ou/et de ses partenaires.

A propos de rigueur, avez-vous remarqué – quelques lignes au-dessus – qu’en faisant le décompte des voix des conseillers départementaux, on peut voir que le soutien du Conseil départemental à la SADIV a été voté par le conseiller départemental, Président Directeur Général de la SADIV en personne ?…

Il est vrai qu’au risque d’une prise illégale d’intérêt, on est rarement mieux servi que par soi-même.

 

5 commentaires

  • tortelier alain

    merci de ne pas publier mon commentaire précédent, j’avais cru comprendre que frédéric boursier était salarié de la sadiv, il en est le président en tant qu’élu, ce qui n’est pas la même chose

    • Merci de cette contribution.

      Je ne trouve pas trace de votre commentaire précédent.

      Je souhaite évidemment ne pas publier des informations erronées.

      J’essaie de vérifier ce que vous m’indiquez avant de corriger mon article si nécessaire.

      Cordialement

    • Voici un extrait de « SADIV Info », la Lettre de la SADIV n° 6 – juillet 2014 (téléchargée depuis le site de la SADIV : ici) :

    • Comme en témoignent plusieurs sources incontestables (son CV sur LinkedIn, son titre dans les conventions signées avec le Département, la Lettre de la SADIV, etc…), Frédéric Bourcier est bien le Président Directeur Général de la SADIV.

      S’il ne fait pas de doute qu’il est administrateur de la SADIV en qualité de conseiller départemental, il n’en est pas Président Directeur Général du fait de ce mandat : sa désignation à ce titre relève des instances de la société (dans lesquelles il est vrai que les élus du Conseil départemental sont majoritaires).

      Je précise par ailleurs que s’il n’est pas « salarié » de la SADIV, cela ne préjuge pas des revenus qu’il peut en tirer (je reviendrai là-dessus).

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