J’ai horreur d’être berné

Une communication pour le moins « tordue »

Un jour, j’ai été invité à communiquer mon adresse e-mail pour assister à un meeting de campagne.

Et me voilà promu au rang de fidèle soutien de Charles Compagnon qui vient aimablement me remercier par courriel à l’issue des dernières élections municipales.

A cette occasion, je reçois le message suivant :

« Bien sûr, le résultat final n’est pas celui que nous espérions pour Rennes, il n’a pas permis l’alternance. Mais alors que la progression en voix de Nathalie Appéré n’est que le reflet de l’élargissement du corps électoral, la nôtre est de tout autre nature.

En passant de 12 381 voix en 2020 à 26 534 voix dimanche, nous avons plus que doublé notre socle électoral. »

Alors, voyons voir ça.

Un “socle électoral”… encore faut-il qu’il existe

Pour doubler un socle électoral, encore faut-il qu’il y ait un socle.

Or, par définition : « le socle électoral désigne l’ensemble des électeurs qui soutiennent de manière stable et fidèle un parti politique, un candidat ou une tendance idéologique, quelle que soit la conjoncture ».

Dans ces conditions, c’est bien difficile de parler sérieusement de « socle électoral » d’un candidat qui ne s’est présenté aux élections qu’une seule fois auparavant, en l’occurrence en 2020.

Une appropriation discutable des voix de 2020

En revendiquant 12.381 voix en 2020, Charles Compagnon s’approprie en réalité de suffrages qui ne lui étaient pas du tout destinés à l’époque : les 6.251 voix obtenues par sa concurrente Carole Gandon pour son programme, qu’il ajoute aux 6.130 voix dont il avait personnellement bénéficié pour le sien.

Or, il se trouve il se trouve qu’en politique :

1 + 1 ne font que rarement 2… et encore moins rétroactivement.  😂

2020 : une année de référence biaisée

Plus fondamentalement, comparer 2026 à 2020 pose un véritable problème.

L’élection de 2020 s’est tenue dans un contexte exceptionnel : la pandémie de Covid-19.

Résultat : une participation très faible.

  • 2020 : 31,68 % de participation (116 610 inscrits)
  • 2026 : 57,55 % de participation (128 996 inscrits)

D’une élection à l’autre :

  • + 12.386 électeurs inscrits (+ 10,6 %)
  • + 25 points de participation des électeurs inscrits

Dans ces conditions, il est évident qu’une hausse du nombre des voix engrangées par les candidats est purement mécanique.

Une progression largement plus modérée

Une fois ces éléments pris en compte, le constat est beaucoup moins spectaculaire :

à corps électoral et participation constants, la progression réelle du nombre d’électeurs du prétendu « socle électoral » est en réalité d’environ + 6,6 %.

On est très loin du « plus que doublement » revendiqué !…

Et encore faut-il souligner que ce résultat intègre un autre facteur :

un appoint de voix venu du Rassemblement National, qui n’a clairement pas été refusé.

Mon point de vue

Présenter une progression brute de voix comme un « doublement du socle électoral » s’avère ici purement et simplement fallacieux.

Je prétends que c’est bien ce type de communication qui nourrit la défiance à l’égard du discours politique.

Tous commentaires ici bienvenus de la part des personnes assumant leur identité