On en apprend tous les jours

Alors ça… je ne le savais pas encore.

Le 17 octobre 2002, Mostapha Laabid – qui était à l’époque petit patron d’une boîte de transport de petits colis – a été reconnu par le tribunal correctionnel de Rennes coupable d’exécution d’un travail dissimulé et condamné notamment à verser des dommages et intérêts à plusieurs de ses employés, dont Yousseff Roufi et Khalid Aziz qui s’étaient portés partie civile à l’audience.

Mais passons, puisqu’au bout de 3 ans à compter du paiement des sommes dues – c’est la règle – Mostapha Laabid a été réhabilité de plein droit, ce qui signifie que sa peine a été effacée de son casier judiciaire et que l’on ne peut plus lui reprocher cet écart de conduite depuis la fin 2005.

Observons simplement que :

  • d’une part, ce n’est certainement pas par hasard que, dans la foulée de sa condamnation, Mostapha Laabid a quitté sa terre natale pour aller s’installer au Maroc d’où il ne reviendra qu’en 2005
  • d’autre part, il est criant que les protagonistes ne sont pas très rancuniers… 😉 😉 😉

Le 6 janvier 2006 en effet, Mostapha Laabid crée « avec deux amis » (selon ses propres termes) le Collectif Intermed qui est une association ayant pour buts : l’insertion professionnelle, la citoyenneté, la lutte contre les discriminations et la rupture scolaire (tant qu’à faire), dont il communique à la Préfecture les statuts rock’n roll et la liste des valeureux dirigeants :

  • Président – Mostapha Laabid, sans situation professionnelle déclarée
  • Vice-Président – Yousseff Roufi, visiteur médical
  • Secrétaire – Khalid Aziz, visiteur médical
  • Trésorière – Stéphanie Jan, préparatrice et fidèle compagne du Président

Un bon point : cette fois, Mostapha Laabid n’a pas oublié de les déclarer.   😉 😉 😉

Le temps passe et ce n’est qu’en 2019 que l’on apprendra, de son propre aveu, que Mostapha Laabid a noté mensongèrement la présence de Yousseff Roufi ainsi que de Khaled Aziz et signé à leur place le procès-verbal de dissolution et de liquidation des biens de l’association qui a été établi en 2017, alors même qu’il ne les avait même pas invités à participer à la réunion statutaire… se rendant ainsi non seulement coupable de l’établissement d’un faux, mais également de son usage lors de sa transmission à la Préfecture.

Le fait que Yousseff Roufi ait déclaré avoir été sollicité pour monter l’association mais ne s’en être jamais occupé et qu’il ne savait pas même qu’il en était vice-Président n’assainit certainement pas l’affaire, mais après tout qu’importe…

Au stade où nous en sommes, Mostapha Laabid – qui est considéré comme étant seul responsable et unique utilisateur de la carte bancaire de l’association – a été condamné en première instance, puis en appel à 8 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité, pour abus de confiance en raison d’un détournement de fonds de plus de 21.000 euros.

Il a fait part de son intention de se pourvoir en cassation et bénéficie donc de la présomption d’innocence, qu’il y a lieu bien entendu de respecter jusqu’au verdict final.

A noter, en attendant, que :

  • la trésorière – qui, aux termes des statuts, devait rendre régulièrement compte de sa gestion – n’a semble-t-il strictement rien vu, ou en tous cas n’a strictement rien dit
  • personne ne s’est porté partie civile dans cette affaire : ni pour récupérer les fonds publics en jeu, ni pour défendre son honneur
  • ni les instances du parti, ni le groupe des députés « La République en Marche » à l’Assemblée Nationale n’ont cru bon de prendre publiquement leur distance par rapport à cette situation.

Il y a des silences qui sont assourdissants.

Pour aller plus loin : consulter l’ensemble de mes contributions sur le sujet

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