Le Président du Conseil départemental doit comprendre… lui aussi

Je prends soin de dire d’emblée que mon propos n’est pas partisan : il est simplement citoyen.

Lorsque je lis aujourd’hui dans le quotidien Ouest-France que le Président du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine s’apprête à ouvrir demain matin le débat d’orientation budgétaire en soutenant qu’il est impossible de limiter l’évolution des dépenses au taux que l’Etat a fixé aux collectivités territoriales pour 2018, je manque vraiment de m’étouffer.

Le Président du Conseil départemental aurait-il déjà oublié le rapport d’observations définitives que la Chambre régionale des comptes de Bretagne lui a adressé au cours du mois de juillet dernier ?…

Je m’en tiens ici à quelques extraits de son préambule :

  • La situation démographique et économique favorable du département explique que les besoins en dispositifs d’aides sociales sont inférieurs à ceux des départements de taille comparable.
  • La procédure budgétaire de la collectivité, axée autour d’arbitrages de « taux directeurs » des dépenses, pourrait être améliorée par une meilleure analyse des besoins.
  • En matière de gestion administrative et financière, il a été constaté que le régime du temps de travail des agents est de 1.543 heures, soit un écart de 64 heures avec le régime normalement applicable aux agents de la fonction publique. Le surcoût pour la collectivité est évalué à 6,2 M€ par an.
  • Par ailleurs, la gestion de sa dette ne lui a pas permis de bénéficier de la baisse des taux d’intérêts et la gestion de la trésorerie peut être améliorée.
  • Enfin, des actions de mutualisation des achats mériteraient d’être développées.

Et je pose cette simple question : est-il bien « correct » de soutenir que « le manque à gagner pour le Département représente 400 postes d’agents pour les établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes », quand ce même Département tolère que ses propres agents – qui sont au nombre de 4.000 – travaillent en moyenne l’équivalent de 2 semaines de moins par an que les agents des EHPAD… pour lesquels il n’a pas d’état d’âme à exiger le respect de la durée légale du travail ?…

Un peu de pudeur, s’il-vous-plaît.

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