En passant par le Maramureș

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Je ne sais pas… vous, mais moi je ne vois pas le temps passer en ce moment.

J’étais ce matin en Slovaquie.

J’ai commencé par « écorner » – vite fait – la Hongrie où je ne voulais pas m’attarder en signe de protestation (dérisoire, il est vrai… mais chacun fait ce qu’il peut).

Et me voici ce soir en Roumanie, à Calinești dans le Maramureș où il y a très longtemps que j’ai décidé de dormir une nuit au moins. Je suis certain que lorsque vous aurez prononcé comme il se doit Calinèchte, vous aurez tout compris…   😉

Il faut d’abord que je vous dise que je m’entends assez bien avec la dame du GPS.

De temps en temps, elle me fait des blagues… mais on rigole bien. Trois fois par exemple, elle a voulu me faire passer par l’Ukraine. Elle y a presque réussi, mais j’avais décidé de l’éviter pour minimiser les traditionnelles tracasseries administratives aux frontières… et c’est quand même moi qui commande !…

Je suis arrivé jusqu’ici sans apercevoir le moindre policier, ni le moindre douanier aux frontières, à l’exception de l’entrée en Roumanie où apparemment on a simplement vérifié la date de validité du contrôle technique de mon char (clin d’oeil à Marcel, et à Daniel aussi).

On pourrait dire que je suis passé « comme un post sur FaceBook », qui signifie en vieux français (je traduis) : « comme une lettre à la Poste ».

Ceci dit, on apprend rapidement à distinguer l’Union européenne, la zone Euro et l’Espace Schengen quand il est question de roaming (dans l’Union européenne), de frais bancaires (dans la zone Euro), de biens ou simplement de mobilité (dans l’Espace Schengen). L’Europe est déjà d’évidence à plusieurs vitesses et ça se verrait davantage encore en creusant un peu plus.

En tous cas, ça fait sérieusement réfléchir sur la question de la libre circulation (article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme), ainsi évidemment que sur l’identité des territoires qu’il est tellement vain de vouloir construire en tentant d’imposer un pseudo gentilé aux habitants, ou encore sur les monnaies locales qui me paraissent vraiment des  enfantillages au regard des questions de citoyenneté.

Quoi qu’il en soit, puisque je me déplace par le plancher des vaches pour me « dépayser » en douceur, j’ai pris plaisir aujourd’hui à voir l’environnement progressivement changer.

J’au déjà livré mes impressions l’année dernière par ici (clic).

Je les confirme… en précisant que, quand on commence à voir des petits ponts entre les routes et les maisons pour franchir la rigole qui tient lieu de tout-à-l’égoût, quand on commence à voir des nones toutes vêtues de noir vendre leurs pastèques au pied du monastère, quand on voit plein de Dacia et que l’on observe que les roms en tenue de bohémiens se font nettement plus nombreux que les autres, quand on vient de dévaler les lacets tout fraichement ré-enrobés de la route qui flirte avec les Carpates et que l’on se retrouve tout-à-coup en plein cœur d’une région d’architecture en bois (les églises, les portails…), c’est que l’on est bien rendu dans le Maramureș (prononcer Maramurèche).

Pour les plus accros, voici la question philosophique du jour : pourquoi donc les cigognes, qui font leurs nids tout en haut des poteaux électriques, ont curieusement pris l’habitude de le faire à la ville plutôt qu’à la campagne ?… hein, je vous le demande.   😉

PS : je sais que ça manque de photos, mais finalement j’en prends assez peu, j’ai peu le temps de les regarder et je trouve qu’elles ne sont pas à la hauteur.

***

D’autres contributions à ce sujet :

On the road again http://wp.me/p6EXHi-4R6
Je suis entouré de gens formidables http://wp.me/p6EXHi-4Qv

3 commentaires

  • Je commence à comprendre pourquoi je suis un peu fatigué : en passant la frontière, j’ai dû vieillir d’une heure.

    Ceci dit, j’ai bien l’intention de me venger au retour… 😉

  • Sylvie Pellegrin

    Les cigognes se sédentarisent et ne migrent plus à cause du réchauffement climatique , comme elles sont carnivores et que les proies se font rares à la campagne , elles s’installent en ville ( comme nous ) où la nourriture est plus facile à trouver et plus abondante (et les poubelles aussi )
    Est-ce seulement cette raison?
    Bon voyage Patrick !
    la suite demain bien sûr
    Sylvie

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