Carton jaune pour O-F

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Voici une « brève » publiée par le quotidien Ouest-France dans les pages Bretagne de son édition du mardi 13 mai 2014, qui est pour le moins surprenante :

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Identifier comme étant « Bre-t-illien » un candidat aux élections européennes sur la base d’un programme (« La Bretagne pour une Europe sociale« ) qui plaide pour la suppression des conseils départementaux, et qui ne manque jamais d’affirmer publiquement son opposition à cette appellation ainsi qu’à « l’insupportable propagande organisée par le département 35« ), n’est ce pas faire bien peu cas des convictions de l’homme, trahir le message de l’organisation et plus ou moins troubler l’opinion à la veille du scrutin ?

Je ne vais pas jusqu’à prétendre à une sorte de complot qui serait fomenté par la presse régionale, mais je suis obligé de pointer une très étrange ligne éditoriale.

Car comme l’a indiqué à juste titre le Président du Conseil Général le 14-05-2013

« En politique, les termes et les mots ne sont jamais neutres. C’est pourquoi, il nous faut être vigilant sur l’utilisation et la compréhension des méthodes d’argumentation dont certains hommes politiques peuvent abuser »

Pour aller plus loin : Je vous présente mon voeu

  • mépris total, aveuglement complet, hélas…

  • felix d

    N’Est-ce pas le même « identitarisme » qui s’exprime lorsqu’on baptise stupidement un département, voué à disparaître, que lorsqu’on refuse toute hypothèse de rapprochement entre Bretagne et Pays de Loire?
    Pour moi, c’est le même travers « communautaire » voire communautariste.
    Et notre pieux et respectueux Ouest France donne dans toutes ces chimères. Pour ne pas froisser son lectorat, notre quotidien de référence surfe tantôt sur la vague bretonne, ou exalte la mémoire vendéenne (BD de Reynald Sécher il y a quelques années..) , tout comme il participe à la grotesque opération « Brétilie » sans la moindre distance critique…
    Le retour de bâton est en train de se produire: le prurit identitaire est en train de polluer tout le discours politique sur la décentralisation…

  • Bonjour felix_d,

    Moi je pense qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    D’après moi le sentiment d’appartenance à une (et mieux : à plusieurs) collectivité(s) n’est pas un mal en soi.

    Je pense que les mots identitaire, identitarisme, communautaire, communautarisme, véhiculent autant de fantasmes que de vérités, et en tous cas sont de plus en plus des mots « valise » qui transportent ce que chacun met dedans sans pour autant que les autres le sachent très bien.

    Et c’est assez normal puisque c’est en partie de l’ordre de l’intime.

    Ce qui compte à mes yeux, c’est que ce ne soit pas un facteur d’exclusion (et il parait que le département d’Ille-et-Vilaine est très attractif) ni un facteur de repli (et il parait que les bretons en général et les gens d’Ille-et-Vilaine en particulier sont très nombreux à vivre « expatriés »).

    Si je me déclare rennais, breton, français, européen, j’y vois du sens (en bonne partie construit il est vrai par l’histoire avec un grand H et par mon histoire avec un tout petit).

    Mais je ne vois pas grand sens à me déclarer au niveau départemental qui ne correspond ni à ma vie de tous les jours, ni au cadre dans lequel j’essaie d’apercevoir l’avenir.

    D’après moi, la décentralisation est effectivement indispensable pour l’exercice de la citoyenneté, avant même que ce soit pour l’efficacité économique. Mais je ne vois pas en quoi revendiquer ce que l’on ressent comme ses racines viendrait « polluer » le débat quand au contraire je crois qu’il l’enrichit.

    Après, la question des contours de ce que nous appelons les régions dépend beaucoup des attributions que l’on veut leur confier, et de mon point de vue, si on les dessine trop grandes elles ne risquent pas de permettre l’exercice d’une véritable démocratie… à moins de conserver les départements qui ont fait la preuve que lorsqu’ils usaient de la clause de la compétence générale ils se comportaient plus souvent en apprentis sorciers qu’en maitres de l’innovation.

    61 % des habitants ne connaissent même pas le nom du Président du Conseil Général : c’est tout dire.

  • MFK

    Ouest-France récidive tous les jours. C’est donc une position clairement affirmée de soutien au départementalisme des créateurs du vocable.

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