"On se connaît ?"

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La question de la légitimité du comité dit « d’experts », composé par Jacques Delanoë qui nous a été présenté comme le numéro 2 des dirigeants du stade rennais, mériterait certainement que l’on y consacre tout un roman. Mais pour l’instant, « je vais faire court », comme dirait Jean-Louis Tourenne avant de se lancer comme d’habitude dans un interminable exposé (j’ai donc par avance des excuses).

Je vais en effet me « contenter » pour aujourd’hui de croquer dans l’ordre alphabétique les douze heureux élus : Fred Cavayé, Joël Cheritel, Romain Danzé, Josiane Ermel, Servane Escoffier, Julie Fouquet, Loïc Frémont, Jean Huchet, Béatrice Macé, Jean Ollivro, Olivier Roellinger, et Riad Sattouf.

Je reviendrai plus tard sur le cas du « Président » Jacques Delanoë parce qu’il le vaut bien.

Triple   😉

Je vous laisse juste imaginer la (s)cène le jour de la seule et unique réunion du pseudo comité, le 23 mai 2013 :

la_cene

Rappelez vous qu’à cette époque là, on était en pleine enquête :

on_se_connait

Fred Cavayé

Fred Cavayé est installé à Paris depuis plus de 13 ans. C’est un cinéaste qui a « le stade rennais dans la peau », « depuis l’enfance » dit-il, qui a donné le coup d’envoi de la rencontre contre Monaco en décembre 2010 et qui se souvient que « c’était énorme, le plus beau jour de ma vie ». Je note qu’il a été l’invité de marque du stade rennais pour assister au stade de France à la finale de la coupe de la Ligue 2013 (dans d’excellentes conditions, soit dit en passant sans m’appesantir), quelques semaines après avoir été pressenti pour participer à la démarche, et plus précisément deux jours après la signature du marché confiant officiellement à Jacques Delanoë le soin de constituer un comité dit « d’experts ». Et un certain temps après, ça le faisait encore marrer : « effectivement il n’y a pas longtemps ils ont sollicité quelques heu ben personnalités, enfin des personnalités et moi (rire). Et, voilà… donc, notamment le capitaine de l’équipe du stade rennais, donc heu voilà, qui fait quand même le plus beau métier du monde, donc qui était aussi dans cette commission pour décider du nom des habitants d’Ille-et-Vilaine, parce que les autres départements breton, que ce soit les Côtes d’Armor, le Finistère, le Morbihan ont tous un nom, et l’Ille-et-Vilaine n’en avait pas. » (extrait d’une émission consacrée à « La Bretagne Nord » diffusée sur RTL le 15 août 2013). On dirait que dans sa bouche tout est dit, et ça vole haut… n’est ce pas ?…   😉

Fred_Cavaye

Joël Cheritel

Ce n’est pas par hasard que Frédéric de Saint Sernin présente le stade rennais qu’il préside comme une « formidable machine à développer du business », « un carrefour incontournable pour les entreprises », puisque grâce à son club de partenaires qui fédère 450 membres, tout le gratin breton se côtoie dans le vaste salon panoramique du stade, réputé « the place to be » les soirs de match. Joël Chéritel était en 2013 le président de l’Union des Entreprises d’Ille-et-Vilaine. Il a eu la délicatesse de faire une place à Jacques Delanoë dans son comité directeur, au titre du 3ème collège (dit des « membres cooptés ») en qualité de représentant du stade rennais, et – tant qu’à faire – à le propulser vice-président du MEDEF d’Ille-et-Vilaine puisque c’est bien de cela dont il s’agit. Je veux bien le faire si besoin, mais j’estime parfaitement inutile d’effectuer ici la démonstration que Joël Chéritel qui est absolument partout connaît absolument tout le monde : ça fait partie de sa fonction. Et tout ce monde là est condamné à s’entendre. Pour mémoire, la subvention traditionnelle du Conseil général au Medef d’Ille-et-Vilaine – qui a pour effet de minorer les frais de participation des entrepreneurs aux « rencontres internationales » organisées chaque automne – est passée de 6.000 à 15.000 € en 2013, une année où ça s’est passé dans le grand luxe à Dubaï… pour le plus grand plaisir par exemple de Monsieur (et Madame) Delanoë qui n’en loupent jamais une, ainsi que – semble t’il, mais j’ai quand même un peu de mal à y croire – pour le plus grand plaisir de Jean-Louis Tourenne qui figure sur la liste officielle des « membres de la délégation » diffusée par l’UE35 (parce que dans ce cas, ce serait en cachette… et aux frais de qui ?…)

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Romain Danzé

Romain Danzé est le capitaine des « Rouge et Noir » du stade rennais, que l’on suppose bien sûr le plus souvent possible en phase avec le « vice-président » du club, Jacques Delanoë… Il a eu la présence d’esprit de tweeter tout juste ce que l’on attendait précisément de lui : « Très heureux d’avoir participé à ce comité historique !! ». Rien de plus : c’est un sans faute. Il est vrai que Romain Danzé est resté tellement attaché à ses racines qu’il se présente imperturbablement comme étant breton et même d’abord finistérien, très largement avant de se laisser plus exceptionnellement entrevoir comme étant passagèrement rennais. Il est vrai que RomainDanze29 sur Facebook , alias Ladanze29 sur Twitter (salaire mensuel : 66.000 € selon footmercato.net, j’y crois pas) ne cèderait certainement pas le numéro 29 de son maillot de foot pour le numéro 35 et n’est sans doute pas prêt de rapatrier en Bretillie les deux sociétés qu’il a préféré domicilier « chez lui », à Pouldergat dans le pays de Douarnenez : « Romain Danzé 29 Management » et sa société civile de gestion de fonds, la « SC P & R ». Je reconnais que l’on a bien le droit d’avoir le cœur et même le coffre-fort dans le Finistère, mais est on dans ce cas parmi les mieux placés pour baptiser les habitants du département d’Ille-et-Vilaine à l’insu de leur plein gré ?…

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Josiane Ermel

Indéfectible collaboratrice du Comité départemental du Tourisme au sein duquel elle exerce depuis 35 ans, Josiane Ermel connaît très bien la plupart des autres membres du comité qu’elle a l’occasion de fréquenter tout au long de l’année. Elle en a même connu plusieurs « tout petits », comme Olivier Roellinger par exemple, puisqu’elle participait au jury des Oscars d’Ille et Vilaine qui lui décerna une médaille de bronze il y a déjà 20 ans, ou encore Joël Chéritel à qui a été attribué une médaille d’argent il y a 13 ans. L’organisatrice de la remise des Trophées du tourisme et en particulier de la 8ème édition qui s’est déroulée au « mythique stade rennais » en mai 2012 a par ailleurs beaucoup d’admiration pour le lauréat de la catégorie « Tourisme gastronomique et produits locaux »:  Olivier Roellinger (et son associé) dans la « cuisine corsaire », et Olivier Roellinger le lui rend bien. Le CDT35 est membre permanent du réseau « Si tous les ports du monde » et Josiane Ermel membre de son bureau présidé par Loïc Frémont. Et ces quelques liens ne sont que des exemples que je reconnais pointillistes, tant il est difficile d’objectiver les relations dans ces réseaux. A l’image – de mon point de vue – parfaitement brouillée et contre-productive que véhicule la marque territoriale Haute-Bretagne, sur le site officiel bretagne35.com pour parler du tourisme en l’Ille-et-Vilaine !… Il n’y a que les initiés qui se comprennent.

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Servane Escoffier

A peine franchi le Cap Horn, Servane Escoffier a fêté l’événement en s’adressant en direct de son bateau et sur écran géant aux supporters du stade rennais, à l’occasion du match Rennes-Nice en janvier 2008. C’est une « inconditionnelle du stade rennais » : « C’est hallucinant de voir ces magiciens du ballon rond courir aussi vite et être capables de jouer avec autant de précision. Ce que je préfère : c’est regarder les joueurs. Dommage qu’il n’y ait pas la télé dans les douches (rires) !…  ».  Je trouve que cette intervention prend tout son sens lorsque l’on sait que chez les Escoffier, on travaille toujours en famille… Bob – le papa de Servane – accueillera quelques jours plus tard, le mercredi 6 février en soirée, l’équipe du Stade Rennais en même temps que les entrepreneurs malouins appelés à découvrir les prestations VIP du club breton sur son bateau « Étoile de France », dans le bassin Duguay-Trouin (c’est pas gratuit, mais il faut bien faire marcher le commerce). Il faut dire que beaucoup des entrepreneurs malouins sont membres de la SNBSM, la Société nautique de la baie de Saint-Malo dont il est le président. Et puis, à peu près trois mois plus tard, c’est Servane qui va s’y coller en donnant le coup d’envoi de la rencontre Rennes-Bordeaux… Dans le domaine de la notoriété, c’est très important de savoir se valoriser mutuellement, n’est il pas ?…

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Julie Fouquet

Julie Fouquet : « du Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne ». Soyons franc(s). On ne peut pas dire qu’elle ait siégé au titre de sa compétence en matière de gentilé, ni de sa notoriété non plus. Représentante au débotté de la jeunesse, des ruraux, et des chrétiens, elle a de surcroît l’immense mérite de représenter aussi les femmes. De ce seul point de vue, rien que par sa présence, elle a eu pour effet de faire grimper le taux de féminité du groupe de plus 30 % pour le porter aux environs de… 30 %, ce qui permet d’un coup et d’un seul de « s’approcher le plus possible » de la parité, comme cela a été demandé au marché : Yes !… Je salue ici sa capacité d’adaptation, parce que je trouve qu’aux côtés des « peoples » départementaux, on la dirait quasiment « issue de la diversité », je dirais même de la biodiversité. Du point de vue de la question de la représentativité, c’est donc en toute première approche un véritable poids lourd, mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit très vite que Julie Fouquet est la permanente salariée d’une association qui se présente sans rire comme un mouvement laïc d’éducation populaire, qui rassemble pas moins de 80 jeunes de 13 à 30 ans répartis dans pas moins d’une dizaine de communes. Déduction faite des encadrants, ils n’étaient d’ailleurs pas moins de 14 adhérents le 24 novembre 2013 pour leur réunion de rentrée à Saint Brice en Coglès. Ce qui justifie certainement la subvention de presque 4.000 euros que lui délivre annuellement le Conseil général. L’association étant domiciliée à l’Archevêché, on comprend aussi très bien que Mgr D’Ornellas – qui n’est pas un ingrat – aura mis un point d’honneur à être le premier des hauts responsables locaux à donner sa bénédiction à la nouvelle appellation des habitants. Ça ne me regarde pas mais si ça peut servir, j’en profite pour suggérer à Mgr D’Ornellas qui est chargé du diocèse de Rennes, Dol et Saint Malo, dont « la superficie s’étend à presque tout le département de l’Ille-et-Vilaine ainsi que sur trois communes de Loire Atlantique », qu’il pourrait être judicieux de demander à Jacques Delanoë comment on pourrait bien appeler ses ouailles pour en améliorer la visibilité et favoriser ainsi la pérennité de son territoire.

D-Ornellas

Loïc Frémont

Loïc Frémont est le directeur des théâtres de Saint Malo et du cinéma « Le Vauban » (ce pourquoi il bénéficie de subventions du Conseil général), mais également le fondateur et actuel « président exécutif » de « Si tous les ports du monde » : une « tête de réseau » qui se présente parfois comme une association (mais ce serait alors une association non déclarée, c’est-à-dire une association dite « de fait » : ce qui est son droit), qui bénéficie chaque année de subventions du Conseil Général par le truchement d’une autre association (celle-ci déclarée) qui s’appelle « Portes de Bretagne et d’Europe » dont il est le Président (on n’est jamais mieux servi que par soi-même). Ça dépend des années, mais ça tourne chaque fois autour des 30 à 40.000 €. Je reconnais que c’est anecdotique, mais l’association « Si tous les ports du monde » se révèle un très fidèle sponsor du Trophée de golf organisé chaque année par l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine (quand on bénéficie de subventions publiques, pourquoi ne pas en faire un peu profiter le MEDEF, ne serait ce que symboliquement ?). Il ne faut pas oublier que le partenariat entre l’association « Si tous les ports du monde », le Conseil Général (considéré comme le « premier partenaire » du réseau) le Comité départemental du tourisme qui en est une émanation (dirigée par Josiane Ermel), et l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine (à l’époque présidée par Joël Chéritel) ne date pas d’hier, pas plus que le partenariat avec Olivier Roellinger (qui a d’ailleurs le statut de partenaire associé) via « Si tous les cuisiniers du monde ». Au fait, parmi les fidèles partenaires du réseau, figure aussi la SNBSM (Société Nautique de la Baie de Saint Malo) dont le président est Bob Escoffier, le papa de Servane qui en est membre active. J’ose à peine le dire, mais on pourrait noter quand même au passage que le conseil en communication du réseau est… Jacques Delanoë. Et puisque j’ai osé, je vais oser dire aussi que Loïc Frémont émarge imperturbablement chaque mois depuis octobre 2011 en compagnie du même Jacques Delanoë au générique de l’émission TVR Business Club, présentée par le « camarade de jeu » Stéphane Besnier. Les communicants du département prétendent en ce moment qu’en Ille-et-Vilaine, « on se connaît ». Pour certains en tous cas, c’est pas faux !…   😉

 TVR_Business

Jean Huchet

Comment pouvait-on faire pour écarter les résultats du sondage Ouest-France de 2012 sans écarter le quotidien Ouest-France, dont on sait bien qu’on a toujours besoin par la suite ?… La réponse, a été Jean Huchet. Et c’est une bonne réponse puisque l’on peut lui prêter une certaine compétence (ne serait ce qu’en raison d’une part de sa formation universitaire en géographie et d’autre part de plusieurs de ses publications), et que l’on peut s’attendre à priori à une certaine indépendance du fait de son parcours de journaliste. Jean Huchet, qui vient de prendre sa retraite, n’en reste pas moins très impliqué dans l’institution puisqu’il vient notamment de coordonner et de préfacer le hors-série du quotidien Ouest-France consacré à Anne de Bretagne. Il est aussi – avec Jean Ollivro – l’un des principaux adhérents de « l’association des géographes de Bretagne ». Et à ce titre, il est l’un de ceux qui ont le plus ouvertement exprimé leur « ras le bol du mille feuille administratif ». Il a donc très logiquement appelé de toutes ses forces à la suppression des départements, notamment dans un ouvrage collectif publié en 2008 sous l’intitulé « Une révolution à opérer ». Une question me taraude : au sein du « comité », n’a t’il donc contribué que par compassion à la recherche d’un nom pour des pékins qu’il estime sans avenir ?…

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Béatrice Macé

Béatrice Macé est bien connue comme co-directrice de l’association des Transmusicales. Ses liens avec le Conseil Général sont suffisamment bien établis pour motiver chaque année une subvention très conséquente qui vient compléter celles de la ville de Rennes, de Rennes Métropole, du Conseil Régional et de l’Etat, sans compter celle du député et néanmoins conseiller général Marcel Rogemont à hauteur du quart de sa réserve parlementaire. A gauche, on est très solidaires…

Béatrice Macé est aussi politiquement engagée que financièrement dépendante. C’est ainsi qu’elle a co-présidé avec Erik Orsenna le comité de soutien à la liste socialiste aux dernières élections régionales. On la voit ci-dessous à cette occasion, aux côtés de Jean-Yves Le Drian hostile à ce que les départements continuent à bénéficier de la clause dite de compétence générale à laquelle Jean-Louis Tourenne tient comme à la prunelle de ses yeux, et d’Erik Orsenna qui n’a de cesse de pourfendre ce même échelon territorial dont il veut la disparition. Qu’importe : Béatrice Macé n’a pas été la dernière à soutenir l’idée d’un gentilé, ou plutôt de ce que l’on tente de nous faire prendre pour un gentilé en mobilisant pour cela toutes les ressources de la communication institutionnelle.

Beatrice_Mace_Erik_Orsena

Jean Ollivro

Jean Ollivro nous a été présenté comme étant simplement géographe alors qu’au regard de sa compétence et de ses activités, il méritait certainement beaucoup mieux… d’autant que le marché passé avec Jacques Delanoë avait imposé la présence d’un membre issu du monde académique. Jean Ollivro est en réalité un universitaire connu et reconnu, qui préside notamment « Bretagne Prospective ». C’est lui par exemple qui animait en 2010 la table ronde de l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine intitulée : « De l’audace, encore de l’audace » à laquelle participaient 3 ou 4 des membres du comité. Je retiens surtout ici qu’il a le courage d’exprimer régulièrement son point de vue sur l’avenir des départements (« une structure héritée », «  on va être obligé de simplifier ») ainsi que sur la question de la course aux « marques territoriales ». Car c’est bien à défaut d’avoir réussi à imposer la marque territoriale « Haute Bretagne » que le département d’Ille-et-Vilaine en est venu à déposer auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle un « nom de fantaisie » pour ses habitants. Comment diable Jean Ollivro a t’il pu être berné au point de servir de caution académique à un type de démarche dont il a lui-même parfaitement et bien des fois démonté les mécanismes ?

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Ollivier Roellinger

Olivier Roellinger est un partenaire attitré du Comité départemental du tourisme dirigé par Josiane Ermel et du réseau « Si tous les ports du monde » qui est « porté » (!) par Loïc Frémont. Lui aussi connaît beaucoup de monde. C’était par exemple un membre éminent de la table ronde qui avait été organisée au cœur de l’assemblée générale de l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine le 16 décembre 2010 : présidée par Joël Cheritel et animée par Jean Ollivro sur le thème « De l’audace, encore de l’audace ». Amateur de vieilles coques, il tenait beaucoup à « l’Etoile Boréale » – son ketch aurique de 1920 – qui a d’abord « travaillé » (sic) en baie de Cancale sous le nom de « l’Etoile de Bricourt », puis a rejoint Lorient où il « travaille » (sic) dans la flotte de Bob Escoffier. Après une sérieuse révision, il est actuellement en vente sur le site du chantier naval « MyDay Boat » qui est dirigé par… Servane Escoffier. Quand je vous dis qu’en Ille-et-Vilaine « on se connaît »…

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Riad Sattouf

Riad Sattouf est né à Paris, et a passé son enfance au Moyen-Orient avant de vivre à Rennes à peine plus de 6 ans, tout juste le temps d’y effectuer ses études secondaires : d’abord au collège des Ormeaux qu’il a « détesté », puis au Lycée Anne de Bretagne « qu’était un peu pourri quand même ». Il a ensuite gagné Nantes à l’âge de dix huit ans, puis la région parisienne où il est installé depuis 17 ans. Je comprends qu’il garde un souvenir nostalgique de son adolescence rennaise – l’époque où il classait les gens « par catégories : les dominants, les cons, les prétentieux » – qui reste une importante source d’inspiration et je trouve sympa qu’il vienne voir sa maman par ici de temps en temps. Je sais qu’il y a quelques années il est même revenu quelques jours à Rennes tourner quelques scènes des « Beaux gosses », paraît-il truffées de clins d’œil au stade rennais, mais je ne vois pas en quoi cela le qualifie pour faire partie de notre – heu, non – du fameux « comité d’experts », lui qui se présente toujours comme étant fondamentalement « à moitié breton, à moitié syrien. Avec ce mélange, c’est compliqué d’affirmer une identité précise ». Qu’il se cherche une identité est tout à son honneur, mais je prétends que les habitants du département d’Ille-et-Vilaine ne sont pas là pour combler son manque, et encore moins ses contradictions… puisqu’il se dit « plutôt du côté de Brassens », « des imbéciles heureux qui sont nés quelque part » », et qu’il n’hésite pas à se référer à Salman Rushdie dès qu’on lui parle d’identité : « L’homme n’a pas de racines mais il a des pieds. » (5 février 2014). C’est quand même beau d’être cultivé. Riad Sattouf a participé en 2012 à la réalisation du film « Les infidèles » avec Fred Cavayé, ce qui signifie que, même à Paris, « on se connaît » aussi… surtout quand on a un faible pour le stade rennais. La preuve sur twitter, le 14 juin 2013 (soit une semaine avant le vote de l’assemblée départementale) :

 

Sattouf

Tout s’explique !…   😉

*****

STOP

Si vous avez eu le courage d’arriver jusque là, vous aurez bien compris ce qui me tracasse le plus : c’est que les membres de ce soi-disant « comité »  sont extrêmement liés les uns des autres, souvent de longue date, et pour beaucoup plus ou moins dépendants du Conseil général lui-même.

Et je prétends qu’un tel panel piloté par un publicitaire, lui-même appointé en dehors des clous dans le cadre d’un marché complètement illégal, n’a aucune espèce de légitimité.

Ce marché prévoit d’ailleurs un commencement d’exécution (la composition définitive de la liste d’experts) au moins 15 jours avant la date limite de réception des offres et pas loin de 3 semaines avant que l’attributaire (Jacques Delanoë) soit retenu.

La question me paraît clairement de savoir si nous vivons encore en démocratie en Ille-et-Vilaine ou bien si nous avons déjà basculé dans une principauté amplement bananière.

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