Le monde est petit

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Ainsi donc, le comité finalement dit « du gentilé » a été animé/piloté/présidé (saurons nous jamais ?) par Jacques Delanoë, parfois présenté sur le site du Conseil Général comme étant le Président du stade rennais, dont il est en réalité un administrateur porté au rang de dirigeant pour être au quotidien la doublure du Président.

Le Conseil Général a écrit (j’ai le document) qu’il laissait Jacques Delanoë « assumer la composition » d’un comité que Jacques Delanoë dit avoir basé sur « la compétence, la représentativité et la notoriété ».

Voyons donc voir comment il s’y est pris, en illustrant cette composition de quelques exemples (certes pointillistes mais, me semble t’il, assez révélateurs) :

1)     Romain Danzé, le capitaine des « Rouge et Noir » du stade rennais, que l’on espère et que l’on suppose bien sûr en phase avec ses dirigeants…

2)     Fred Cavayé, un cinéaste qui a « le stade rennais dans la peau », « depuis l’enfance » dit-il, qui a donné le coup d’envoi de la rencontre contre Monaco en décembre 2010 et qui se souvient que « c’était énorme, le plus beau jour de ma vie ».

3)     Riad Sattouf, son collègue au cinéma avec qui il a participé l’année dernière à la réalisation du film « Les infidèles », qui était auparavant revenu faire un tour dans la ville de son adolescence pour y tourner quelques scènes des « Beaux gosses », truffées de clins d’œil au stade rennais et notamment à son « café stade rennais ».

4)     Servane Escoffier, qui – à peine franchi le Cap Horn – a fêté l’événement en s’adressant en direct de son bateau et sur écran géant aux supporters du stade rennais, à l’occasion du match Rennes-Nice en janvier 2008 : une « inconditionnelle du stade rennais » : « C’est hallucinant de voir ces magiciens du ballon rond courir aussi vite et être capables de jouer avec autant de précision. Ce que je préfère : c’est regarder les joueurs. Dommage qu’il n’y ait pas la télé dans les douches » (rires) !… Et cela ne l’empêchera pas de donner à peu près trois mois plus tard le coup d’envoi de la rencontre Rennes-Bordeaux : quand on aime…

5)     Joël Cheritel, le président de l’Union des Entreprises d’Ille-et-Vilaine qui a eu la délicatesse de faire une place à Jacques Delanoë dans son comité directeur, au titre du 3ème collège (dit des « membres cooptés ») en qualité de représentant du stade rennais, et – tant qu’à faire – à le propulser vice-président de l’Union qui porte également le doux nom de « relai territorial » du MEDEF, qui connaît bien notamment Loïc Frémont, lequel a fait par exemple le déplacement à Stockholm les 12 et 13 octobre 2012 avec deux de ses collaborateurs à l’invitation de l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine à l’occasion de ses 13èmes rencontres internationales

6)     Loïc Frémont, directeur des théâtres de Saint Malo et je crois bien du cinéma « Le Vauban », mais surtout fondateur et actuel président de « Si tous les ports du monde » : une tête de réseau qui bénéficie d’une subvention du Conseil Général – de 20.000 euros cette année  – et qui – je reconnais que c’est anecdotique – se révèle un très fidèle sponsor du Trophée de golf organisé chaque année par l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine (quand on a de l’argent, pourquoi ne pas en faire un peu profiter les autres ?). Il ne faut pas oublier que le partenariat entre « Si tous les ports du monde », le Conseil Général, le Comité départemental du tourisme qui en est une émanation, et l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine ne date pas d’hier, pas plus que le partenariat avec Olivier Roellinger via « Si tous les cuisiniers du monde »

7)     Olivier Roellinger, partenaire du Comité départemental du tourisme et de « Si tous les ports du monde », membre éminent de la table ronde organisée au cœur de l’assemblée générale de l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine du 16 décembre 2010 présidée par Joël Cheritel : « De l’audace, encore de l’audace ».

8)     Jean Ollivro, qui nous est présenté comme géographe mais qui mériterait mieux, d’autant qu’il a eu le courage d’exprimer très clairement à la télévision son point de vue sur l’avenir des départements… mais peut-être a t’il davantage confiance en l’avenir des entreprises puisque c’est lui qui animait la table ronde de l’Union des entreprises d’Ille-et-Vilaine susvisée intitulée, j’insiste : « De l’audace, encore de l’audace ».

9)     Béatrice Macé : directrice des Transmusicales, dont les liens avec le Conseil Général sont suffisamment bien établis pour motiver chaque année une subvention assez conséquente (142.800 euros par exemple en 2011, après je ne sais pas)

10)  Josiane Ermel : directrice du Comité départemental du tourisme, membre du jury des Oscars d’Ille et Vilaine qui décerna une médaille de bronze à Olivier Roellinger dès 1994 et une médaille d’argent à Joël Chéritel en 2000, par ailleurs organisatrice de la remise des Trophées du tourisme et en particulier de la 8ème édition qui s’est déroulée au « mythique stade rennais » en mai 2012… avec pour lauréat dans la catégorie « Tourisme gastronomique et produits locaux » Olivier Roellinger et son associé dans la « cuisine corsaire »

11)  Jean Huchet, à qui je prête à priori une certaine compétence (ne serait ce que par sa formation universitaire en géographie, mais aussi au vu de ses écrits publiés dans la presse et dans divers ouvrages) ainsi qu’une certaine indépendance du fait de son parcours de journaliste

12)  Julie Fouquet, présentée tantôt comme représentante (?) du Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne, tantôt comme « militante tiers-mondiste », dont la présence me paraît mieux justifiée par le fait qu’elle est déjà membre du Comité consultatif de la jeunesse départemental mis en place par le Conseil Général

Au total, je perçois ce comité comme un petit monde presqu’exclusivement composé de personnes qui se connaissent de longue date, qui se fréquentent assez assidument et qui ont à l’évidence l’habitude de se renvoyer l’ascenseur.

Moi j’aurais bien aimé que soient retenus des critères de compétence sur le sujet mais aussi d’indépendance : indépendance des uns par rapport aux autres d’une part et indépendance financière par rapport au Conseil Général d’autre part… plutôt que des critères de représentativité (non respecté) et de notoriété (qui n’a rien à faire sur ce sujet là).

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