J’attends beaucoup mieux

Sous la plume de Virginie Jamin, Ouest-France de ce 23 août 2021 met en avant une salariée « dans l’aide à domicile » qui – en raison de ses convictions – « ne veut ni vaccin, ni test », et dont le contrat de travail a été suspendu quelques jours avant qu’une précision du Ministère de la solidarité et de la santé apportée le 19 août ne permette de le rétablir.

En ce qui me concerne, je prétends qu’inciter à croire qu’un acte de « résistance, pour la démocratie » aurait permis à cette personne de faire valoir ses prétentions est une réelle imposture, car le maintien de son contrat de travail n’a été possible qu’en changeant radicalement les fonctions qui lui sont attribuées dans l’organisation.

J’ajoute qu’il me parait particulièrement malvenu de véhiculer sans le moindre commentaire l’idée de l’intéressée que les vaccins disponibles seraient des produits « à l’état expérimental » et j’invite à consulter à ce sujet des sources sensiblement plus séreuses.

Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Ce n’est pas la première fois que Marie-Lise Peyrache fait parler d’elle.

Il y a 15 ans, le quotidien Ouest-France lui-même a rapporté que Marie-Lise Peyrache avait été condamnée en appel à 3.000 euros d’amende et 8.000 euros de dommages et intérêts, pour diffamation dans une affaire de pédophilie supposée… en allant jusqu’à écarter sa bonne foi (je passe sur les questions susceptibles d’avoir un rapport avec telle ou telle secte).

Sur un plan plus général, il semble que le parcours de Marie-Lise Peyrache, qui a effectivement « sillonné la France », soit extrêmement tortueux et couramment émaillé d’actions protestataires.

Toutefois soyons juste : Marie-Lise Peyrache, alias Choupette, peut au moins nous faire rêver de temps en temps.

La preuve… c’est que dans le cadre de sa formation en musicothérapie, elle a choisi comme sujet d’étude : la production de prolactine des vaches, en s’appuyant sur les travaux du physicien des particules Joël Sternheimer, qui a développé la théorie de la « musique des protéines ».

En janvier 2017, une fois par semaine, une quarantaine de vaches ont donc pu profiter de ses compétences du côté de Combourg. Il y en a même une qui a léché l’oreille d’une autre pendant une demi-heure.

Je vous passe les détails : le sujet me parait trop sérieux et j’aimerais simplement que Ouest-France soit à la hauteur de la situation.

Un commentaire

  • Ouest-France du 18 avril 2001 : Ker Jeanne et ses fausses notes

    Marie-Lise Peyrache préside l’association Ker Jeanne, « une association qui a pour but d’utiliser la musique comme élément d’humanisation des hôpitaux, des prisons, des maisons de retraite et de tous les lieux accueillant des handicapés et des personnes souffrantes ». Or depuis trois ans, l’association n’est plus en mesure de fonctionner. « Nous intervenions gratuitement dans les prisons, les hôpitaux… Mais il fallait bien payer la quinzaine de musiciens participant. Grâce aux subventions du conseil général par exemple, l’aspect financier était réglé. Mais depuis 1997, nous ne touchons plus rien. Les interventions sont donc bénévoles. Et nous ne sommes plus que quatre intervenants« . En effet, les liens de la présidente avec une association parisienne mise à l’index dans un rapport parlementaire sur les sectes auraient provoqué le retrait des subventions. « Oui, j’ai invité la chorale de cette association à venir se produire en décembre 1996, au foyer Saint-François. Mais mes liens avec ce groupe sont du domaine de ma vie privée. C’est un groupe de prières, accusé de pratiques sectaires. En associant Ker Jeanne et sa présidente à ce groupe, on a mis fin à notre travail qui apportait beaucoup aux malades ou aux détenus » . La révélation de ce lien a bien provoqué la fin des interventions dans les hôpitaux rennais et le désengagement des partenaires. « Myosotis, qui nous donnait une subvention de 40 000 F, s’est lui aussi retiré, alors qu’il n’y aucun lien entre les deux associations !« , assure la présidente qui n’a pas baissé les bras. Elle veut d’ailleurs organiser un concert, pour sensibiliser l’opinion publique, sur la place de la Mairie de Rennes, le 28 avril, à 18 h. « Mais la mairie n’a pas encore donné son accord » .

    Ouest-France du 21 avril 2001 : Ker Jeanne : les musiciens précisent

    Suite à l’article publié dans nos colonnes le 18 avril dernier (« Ker Jeanne et ses fausses notes »), deux anciens membres de l’association ont tenu à apporter une précision. Nathalie Karaev et Thibaud Mauduech ont bien collaboré avec Ker Jeanne et joué devant les enfants malades de l’hôpital sud (ainsi que le montre la photo d’archives de janvier 1998 qui accompagnait l’article) ; ils ont cependant cessé toute collaboration avec Ker Jeanne en fin 1998 « à cause des liens entre la présidente et une association classée parmi les sectes dans un rapport parlementaire » . Depuis, Thibaud Mauduech collabore avec l’association Euphonie qui intervient aussi en milieu médical pour des animations médicales.

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