Par ici la monnaie

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Estimant nécessaire de « faire franchir un cap au galléco dans le pays de Redon », le « comité local d’animation » de la monnaie complémentaire a proposé aux instances de l’association éponyme le recrutement d’une salariée à temps partiel.

Ce recrutement a été accepté, « à condition que les bénévoles de Redon en assurent le financement et que ce recrutement n’induise pas de charge administrative supplémentaire pour les bénévoles de Rennes » (chacun sa croix).

C’est ainsi que le 9 mai, une collecte de fonds a été initiée sur la plateforme de financement participatif HelloAsso :

Boostons l’économie locale en pays de Redon
Faisons franchir un cap à la monnaie locale en créant un emploi d’animatrice du réseau Galléco à Redon

Objectif: collecter 15.000 euros d’ici le 29 juin, destinés à financer 3 ½ journées d’animation par semaine pendant 1 an.

On ne peut pas dire que l’initiative ait rencontré un franc succès.

En pratique, près de 7 semaines plus tard, à 6 jours de la fin de la collecte ce 25 juin 2019, le montant de la cagnotte n’atteignait que 7.665 euros, soit seulement 51 % de l’objectif.

A ce stade, l’édition de Redon du quotidien Ouest-France également en date du 25 juin a consacré un quart de page au projet, en reproduisant les articles parus la veille sur www.ouest-france.fr ainsi que sur www.redon.maville.com. Mais cette opération de promotion n’a pas rencontré davantage son public puisqu’elle n’a permis de collecter tout au plus que 10 euros hier 25 juin (et encore, ce n’est pas sûr).

On comprend dès lors qu’en soirée la collecte ait été prolongée de 4 semaines.

Si on gratte un peu, on s’aperçoit qu’entre la moitié et les deux tiers au moins des 7.665 euros de dons ont émanés d’une seule et même famille, mobilisée par une personne ayant elle-même contribué à hauteur de 500 euros chaque semaine.

Dès lors, le fait saillant est que le poids relatif des contributions de cette personne – et complémentairement de son entourage – autorise un regard critique sur la mobilisation citoyenne à laquelle on voudrait nous faire croire.

De peur de commettre une erreur d’appréciation, j’ai vérifié que les dons de cette personne comme les dons de ses proches étaient bien des contributions personnelles et non des contributions effectuées pour le compte de personnes morales.

C’est le cas, m’assure-t-elle.

Dans ces conditions, je ne peux que saluer sa générosité, en même temps – j’en suis sûr – que la sincérité de son engagement.

Mais – en conscience – si je peux aller jusqu’à ne pas révéler son identité, comme elle me le demande au motif de « ne pas déprécier les autres contributions », je ne peux pas aller jusqu’à ne pas révéler les faits.

D’autant que cette personne n’est pas n’importe qui.

La vérité toute nue est que le galléco n’intéresse qu’une insignifiante toute petite poignée d’habitants du pays de Redon.

PS : comme par hasard, depuis ce midi, la liste des généreux donateurs susvisés n’est plus visible sur la plateforme HelloAsso (on ne saura donc pas de quoi demain sera fait, mais j’ai gardé sa mise à jour ce matin ainsi que toutes les copies d’écran témoignant de mes dires).

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Pour aller plus loin : toutes mes contributions à l’évaluation du galléco (depuis le 25 septembre 2013 – 316 pages)

5 commentaires

  • Avatar Lang-Bringer

    Ou alors, peut-être que les habitants du coin sont intéressés mais n’ont plus d’argent, galleco ou pas ! Y voudraient ben, mais y peuvent point !

    • De mon point de vue, c’est une approche ultra bienveillante qui vous honore.

      Mais j’imagine mal qu’il n’y ait que tout au plus une quarantaine d’habitants du coin sur 65.000 à pouvoir se permettre de soutenir une telle action.

      (et je fais abstraction du fait que la bénéficiaire potentielle du recrutement souhaité, qui ne doit pas rouler sur l’or si je lis bien son CV, a elle-même participé non seulement à ce financement participatif mais également à 9 collectes sur une autre plateforme)

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